Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


A vaincre sans péril (source El waran DZ)

Publié par The Algerian Speaker sur 17 Septembre 2015, 13:12pm

Catégories : #DEBATS A BATONS ROMPUS(hiwar bila houdoud)

A vaincre sans péril (source El waran DZ)

Peu d’analystes ont insisté sur cette question qui est pourtant fondamentale : en quoi le départ de Toufik peut-il influer sur l’avenir du pays ? Ce serait peut-être accorder à ce personnage énigmatique plus d’importance qu’il n’en mérite compte tenu de l’aura médiatique qui l’a toujours entouré, mais son limogeage intervenant à une période où le pays ne sait pas exactement dans quelle direction il va n’est pas aussi innocent que voudraient bien nous le faire croire les potentats du sérail. Dans cette optique, la mise à la retraite du désormais ex-patron du puissant DRS si elle traduit dans les faits le parachèvement d’un long processus de restructuration des services de renseignements entamée il y a déjà plusieurs mois, renferme en elle, qu’on le veuille ou pas, une charge symbolique telle que personne n’ose penser qu’il s’agit là d’une opération classique de transfert de responsabilité par lequel on tend à recentrer les vraies prérogatives de cet organe sécuritaire hyper tentaculaire qui paraissait jusque-là incontrôlable et donc maître du jeu. Mais personne aussi n’est dupe pour croire que le départ de Toufik signe, par simple décret, la fin de la police politique sans laquelle le régime n’aurait pas existé dans la forme et la structuration qui l’ont toujours accompagné. Entre le régime et les services, il y a, à l’évidence, une forte connivence pour un intérêt commun qui ne correspond pas toujours à celui recherché par les Algériens, et c’est donc dans la logique des choses que celui qui dirige l’institution sécuritaire occupe une place forte dans la hiérarchie du Pouvoir. Autrement dit, même s’il a été élu président de la République et chef des armées, Bouteflika ne s’est jamais vraiment senti «supérieur», sauf protocolairement, au patron du service des renseignements élevé au premier degré malgré lui au rang de décideur à part entière dans un cabinet noir qui offre l’avantage de ne pas avoir des attributions publiques pour rendre compte de ses actes. Tous les hommes qui se sont succédé à la tête des services comme on les appelle — le DRS étant l’héritière directe de la sinistre sécurité militaire — ont cultivé avec soin le mystère sur leurs personnalités tout en s’efforçant de maintenir au beau fixe l’esprit de terreur qui doit être ressenti partout où le nom de la «Stasi» algérienne est évoqué. Tout le monde est au courant des pratiques très contestables de ce redoutable instrument de domination sur la société qui laisse toujours derrière lui des actes peu glorieux, en tous cas inconciliables avec les principes des droits de l’homme. Dans un pays qui n’a jamais connu, depuis son accession à l’indépendance, de système démocratique à la hauteur de ses aspirations, les services se sont occupés de tout régenter parfois avec brutalité et mépris pour annihiler les combats menés contre les injustices, pour la défense des libertés et la dignité humaine. Le DRS, s’il a eu le mérite d’avoir mobilisé son intelligence et ses forces pour entreprendre avec succès la lutte contre le terrorisme islamiste durant la décennie noire, inscrivant grâce au sacrifice de ses effectifs des pages glorieuses pour que l’Algérie ne sombre pas dans le chaos, ne peut prétendre se «blanchir» totalement de ses funestes agissements qui ont réduit le citoyen algérien au rôle d’un sujet asservi n’ayant pas accès à la parole quand il est brimé, réprimé, offensé, privé de ses droits fondamentaux tels que consignés dans la Constitution. Pour se faire «respecter», il s’est introduit dans tous les rouages de la société avec cette ferme intention de contrôler toute forme de contestation d’où qu’elle vienne. Institutions, partis politiques, presse, associations, représentations privées, chancelleries, clubs… rien ne se fait sans l’aval des services : nominations, promotions, manipulations, dégommage, sanctions, remerciements… Une seule théorie, celle de la carotte et du bâton. Gratifications pour les soumis, répression pour ceux qui tiennent à leurs convictions. Pour le DRS, il n’y a qu’un seul bord, c’est celui qui commande en Algérie. Et pour faire régner l’ordre dans ce qu’il a d’effrayant, il se donne tous les moyens de la corruption pour arriver à ses fins. En fait, dépassant de loin ses missions qui devraient se limiter au renseignement, au contre-espionnage et à la défense territoriale du pays, le DRS, comme ses précurseurs, ne s’est jamais posé la question de savoir pour qui il roule. Il sait qu’il est lui-même un rouage stratégique du régime totalitaire pour lequel on doit rouler ou se casser. Un rouage cependant qui aura été depuis sa création une véritable négation pour la démocratie. Ceci pour dire que si Bouteflika s’est débarrassé, en prenant tout son temps, de l’une de ses plus grandes «épines» à l’intérieur du système, un chef militaire peu bavard pourtant qui lui faisait de l’ombre et qui l’empêchait d’être, au crépuscule de son règne, un Président dans toute sa plénitude référence à sa colère contre le trois-quarts Président qu’il n’a jamais accepté, c’est juste pour récupérer enfin la part du pouvoir qui lui manquait comme s’il n’en avait pas assez déjà, et sûrement pas pour libérer la société d’une chape répressive qui lui ôtait toute idée de rêver à son avenir démocratique. Toufik rayé de la matrice du Pouvoir occulte, c’est donc Boutef qui rafle la mise en mettant la police politique à son service, peut-être pour mieux préparer une sortie dont on dit qu’elle n’est plus très lointaine et qui doit rassurer d’abord le clan qui lui survivra.

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