Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

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Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


Mariage «El Misyar»: Petits ARRANGEMENTS avec la religion et... la loi (source ElWatan DZ)

Publié par The Algerian Speaker sur 10 Septembre 2015, 13:26pm

Catégories : #CHI IDDAHAKK ou CHI IBBEKKI

Mariage «El Misyar»: Petits ARRANGEMENTS avec la religion et... la loi (source ElWatan DZ)

Au moment où le mariage coutumier subsiste toujours en Algérie, de nouvelles formes d’alliances telles qu'El Mysiar font leur entrée dans la société algérienne, sous l’influence des courants venant d’Orient.

La réforme du code civil en 2005 ayant entraîné le remariage sous l’autorisation de la première femme a peut-être contribué à l’apparition de nouveau du mariage par la Fatiha, d’après l’analyse de certains spécialistes. Saïd Djabelkhir, chercheur en soufisme, pense que le mal est bien plus profond et tente une explication politique : «Notre société, tranche-t-il, n’est pas arrivée au stade de s’inscrire dans la citoyenneté».

Il charge l’Etat quant au retard qu’accuse la société pour atteindre le stade de la modernité. «L’Etat n’a pas opté pour une vraie modernité. Celle qui soit non négociable avec les religieux», suggère le chercheur, s’appuyant, pour illustrer ses propos, sur l’expérience de la société tunisienne à l’époque de Bourguiba.

A ce titre, ce chercheur considère qu’on est au stade de la pseudo modernité en dépit de l’existence du code civil. «On se retrouve dans certains cas avec des hommes qui ont 7 à 8 femmes avec un seul mariage inscrit à l’état civil». Pis encore, l’ancienne forme du mariage (Zawadj El Ourfi) a pris un autre aspect sous l’influence des courants venant d'Orient.

«En interdisant, en 2006, aux imams de célébrer les mariages religieux si le mariage civil n’était pas préalablement conclu, avec documents à l’appui, les pouvoirs publics tentent de reprendre le contrôle sur de larges pans de la société qui, à la faveur des années de violence, ont fini par vivre en dehors et parfois contre les logiques de l’Etat», écrit Abderrahamane Moussaoui dans son étude qui s’intitule Alliances bénies en Algérie : nouveaux liens maritaux en Islam, paru en 2010 dans L’Année du Maghreb.

Le mariage Al Misyar, importé d'Orient (Egypte, Arabie Saoudite) fait son incursion dans la classe instruite, notamment dans le milieu universitaire. Pour cette d’alliance non reconnue par la société algérienne, conclue dans bien des cas à l’insu des parents et proches, Saïd Djabelkhir l’explique par la non-reconnaissance des besoins naturels des jeunes par la société. Ces besoins d’ordre sexuel ne sont reconnus d’ailleurs, dit-il, ni par le discours religieux officiel, encore moins par celui des fanatiques.

Ainsi, M. Djabelkhir assimile cette forme du mariage (Al Misyar) et toutes ses variantes au Zawadj El Moutaa. Pour rappel, cette forme n’est pas reconnue par le rite malékite qui domine en Algérie ainsi que toutes les écoles sunnites. Tandis que Maître Fatma-Zohra Benbraham le qualifie carrément de prostitution déguisée. Mais «les jeunes cherchent n’importe quelle façon pour satisfaire leurs besoins sexuels», soutient M. Djabelkhir. D’après ses dires, «le jeune Algérien prend le religieux comme un prétexte pour se déculpabiliser». Et cela a été rendu possible grâce à la complicité de certains imams à tendance wahhabite.

Les mosquées échappent au contrôle En dépit des efforts entrepris afin de limiter l’impact des pratiques fanatiques et les résultats qui en découlent, certaines mosquées échappent toujours au contrôle. Le mariage secret se fait «avec la complicité de l’imam», dénonce Maître Fatma-Zohra Benbrahem. Et d’expliquer : «Lors des halakate (cercles), il y a toujours une matrone qui essaie d’embobiner les filles et de leur dire que c’est dans une mosquée, un lieu sain, ce mariage est correct», Mais en réalité, «c’est une nouvelle forme de prostitution », déplore l’avocate.

D’ailleurs, d’après ses dires, cette forme de mariage, à savoir le mariage secret est à l’origine de Nikah El Harb, (guerrières du sexe), un phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur, notamment en Syrie actuellement. Bien qu'aucun cas de ce genre n’a été déploré jusque-là en Algérie, Maître Fatma-Zohra Benbrahem n’a pas manqué de comparer ces pratiques à celles connues durant le colonialisme français en Algérie. «Lorsque les Français sont rentrés en Algérie, ils ont kidnappé des filles algériennes qu’ils ont placées dans des campements militaires.

Plusieurs filles sont mortes de maltraitance sexuelle. La guerre en Syrie utilise le même système», estime-t-elle. Contrairement au colonialisme français, en Syrie ce sont les filles qui choisissent Nikah El Harb. «C’est une nouvelle forme de l’esclavagisme du sexe qui est interdite par le droit musulman», regrette-t-elle. D’ailleurs, «cela ne répond à aucune règle du droit musulman ni à aucune règle du droit positif.

La femme a besoin de comprendre qu’elle n’est plus une marchandise », insiste l’avocate. Au sujet du mariage secret pour lequel optent de nombreuses filles algériennes, Maître Fatma-Zohra Benbrahem rappelle que ce mariage n’est pas valide. «Le mariage secret n’est pas valide» Pour rappel, le mariage secret est apparu en Egypte précisément dans les universités. Les filles prennent deux copains de la fac comme témoins à l’insu des parents, elles transcrivent sur une feuille signée par les deux parties leur mariage. «Cette feuille n’a aucune valeur juridique. Ce mariage est la grande catastrophe», avertit notre interlocutrice évoquant l’absence des conditions du mariage. Ainsi, lors de ce mariage, les parents des deux parties ne sont pas au courant et sa durée est limitée à celle des études universitaires.

«C’est un moyen pour détourner le concubinage», se persuade la juriste. Et de poursuivre : «Ce n’est même pas un concubinage au sens européen.

Ce dernier est transcrit à la mairie. Or, ce mariage connu en Egypte n’a aucune valeur juridique, c’est de la prostitution», rappelant que le mariage secret ne remplit aucune condition : pas de dot, pas d’annonce, pas d’intention de vivre ensemble, les témoins sont éphémères et il n'y a pas de Fatiha.

«L’imam ne peut être présent que lorsque les parents le sont (tuteurs). Le mariage doit être connu par tout le monde», souligne-t-elle. El Misyar existait en Algérie L’avocate se rappelle de l’une des formes du mariage connus en Algérie. «Le mariage El Misyar existait chez nous, mais pas sous cette forme», se souvient-elle.

«A une certaine époque, il y avait des hommes qui étaient riches. Ils avaient des filles. Et parfois ils avaient un employé très sérieux, honnête ; donc, ils investissaient dans les qualités de cette personne», témoigne l’avocate. D’après ses dires, l’homme riche propose à son employé d’épouser sa fille, sans exiger de lui ni dot ni prise en charge financière.

«Ce mariage est valide, car le mari s’engage à protéger la fille moralement», considère Maître . Une autre forme du mariage El Misyar qui reste tout de même valide, selon l’avocate, est le mariage des femmes riches. «Ces femmes ont tout et elles cherchent à se marier, ce qui est légitime. Elles choisissent El Misyar (sans dot, sans prise en charge financière, ni foyer)», souligne l’avocate. Certaines femmes optent également pour cette forme de mariage lorsqu’elles veulent rester chez leurs parents pour les prendre en charge.

Maître Fatma-Zohra Benbrahem reconnaît également que ce mariage est correct car il remplit les conditions. (fonder un foyer, mariage consensuel…) les deux conjoints se rencontrent, mais ils ne cohabitent pas ensemble. «C’est une nouvelle forme du mariage dictée par la nécessité. Lorsqu’une femme demande un homme en mariage, cela est reconnu par le droit musulman», atteste-t-elle.

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