Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

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Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


Silence, on se sucre ! Par Omar Berbiche

Publié par The Algerian Speaker sur 14 Octobre 2015, 17:00pm

Catégories : #Editos : let's go

Silence, on se sucre ! Par Omar Berbiche

Les représailles économiques – pour le moment – contre Issad Rebrab, le patron du groupe privé Cevital, qui a commis l’outrecuidance de dénoncer les blocages de ses investissements par le ministre de l’Industrie et des Mines, Abdessalem Bouchouareb, se précisent. Le timing est bien choisi par le ministre du Commerce, Belaïb Bakhti, pour annoncer la fin du monopole sur la production du sucre en 2016 par l’entrée en service de trois nouvelles usines appartenant à des investisseurs privés.

Le président du FCE, Ali Haddad, dont on connaît les relations plutôt froides et empreintes d’inimitié avec Rebrab, avait, dans une récente déclaration, évoqué ces projets que l’on présente comme stratégiques pour réguler le marché de la production de sucre, soumis, dit-on, à un chantage d’un monopole privé, celui de Cevital en l’occurrence, que l’on ne nomme pas bien évidemment. Quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage. On a même été jusqu’à imputer au patron de Cevital la responsabilité des émeutes de janvier 2011 provoquées par la pénurie des produits de première nécessité, dont le sucre et l’huile.

L’ancien président de l’APN, Abdelaziz Ziari, vient de révéler, dans un entretien à notre confrère El Khabar, que la commission d’enquête parlementaire mise en place pour faire la lumière sur ces événements a complètement blanchi le patron de Cevital quant aux accusations dont il avait fait l’objet. S’il faut une autre preuve que c’est bel et bien le patron de Cevital qui est ciblé par ces nouveaux investissements que l’on annonce avec tambours et trompettes, elle vient d’être fournie par le ministre du Commerce.

Lequel nous apprend que le marché de la production de l’huile de table, dans lequel Cevital détient des parts importantes, intéresse également des investisseurs privés. Il faut être bien naïf pour croire que tout cela est fortuit. Que l’objectif de la restructuration de ces filières sensibles relève de la logique économique pure et d’une volonté sincère de stabiliser ce marché et de se prémunir contre les tentations de supposés monopoles — que l’on découvre, comme par hasard, aujourd’hui seulement — la vérité, c’est que l’on cherche incontestablement à éjecter et pousser à la faillite Rebrab de ce créneau, dans lequel il a consenti de lourds investissements, pour le remplacer par d’autres mieux cotés à la Bourse du régime.

Personne n’est dupe, en effet, pour croire à cette histoire insensée, inventée de toutes pièces, de monopole envahissant exercé sur le marché du sucre et de l’huile et qui constituerait une menace pour la paix sociale. Car l’emprise du monopole est présente partout, dans tous les secteurs d’activité sans que cela ne soulève toute cette tempête… de sucre. Dans le public autant que dans le privé. Il est de notoriété publique qu’il existe des cartels identifiés et connus dans des créneaux juteux — dans l’agroalimentaire et le médicament, dans les secteurs du bâtiment, des travaux publics, du transport des étudiants — qui bénéficient de toutes les facilitations pour décrocher des marchés publics et accéder aux crédits.

De la même façon que l’on a accaparé le monopole de l’histoire, du patriotisme, de la distribution de la rente pétrolière. Et tant qu’il y a encore matière à se sucrer, il ne faut pas s’étonner de voir les appétits des clientèles du pouvoir s’aiguiser et les luttes pour le contrôle du marché prendre des formes carrément mafieuses qui n’augurent rien de bon pour l’avenir du pays.

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