Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


Faites vos jeux, rien ne va plus ! par Omar BENBEKHTI

Publié par The Algerian Speaker sur 22 Janvier 2016, 09:26am

Catégories : #DEBATS A BATONS ROMPUS(hiwar bila houdoud)

Faites vos jeux, rien ne va plus ! par Omar BENBEKHTI

La crise économique arrive à grand pas et les banques se vident avec la chute du pétrole ; au point où le gouverneur de la Banque centrale vient de lancer une opération de capitalisation de celles-ci.

Le marasme de la situation économique actuelle ajouté à l’immobilisme social et politique dans lequel est plongé le pays n’augure rien de bon en termes de gouvernance. Une hausse générale des prix s’installe insidieusement avec un taux d’inflation de 4,8% pour 2015 selon l’ONS. Il sera dès lors difficile de continuer à subventionner quoi que ce soit avec un prix du baril qui s’achemine inexorablement vers les 20 dollars.

Alors que faire pour occuper le peuple ? Mettre en scène des croquemitaines et manœuvrer les épouvantes politiques risquent de ne plus suffire. La ficelle est trop grosse car elle est usée tellement elle a été utilisée. «Les gueux ont compris» ou ne sont plus dupes, dit un dicton de chez nous.

La triste réalité est que les décideurs, autoproclamés tuteurs du pays, n’ont aucune solution économique pour affronter la situation difficile qui s’annonce. Confrontés à un déficit de légitimité, le pouvoir attend que la tempête passe pour maintenir le statu quo. Il pense ainsi qu’il sera aisé d’occuper les esprits inquiets avec le retour des épouvantails de tous bords. De surcroît, les menaces extérieures existent bel et bien, et les tentatives de déstabilisation sont réelles.

Au plan social, la baisse des liquidités et l’augmentation continue de l’inflation concourent à accentuer la dégradation du pouvoir d’achat des populations et, pour certaines catégories de plus en plus larges, s’acheminer vers la paupérisation.

Le paradoxe est que durant les décennies écoulées, la dépense publique a été une manne miraculeuse pour les futés zélateurs du régime en place, qui ont bénéficié d’immenses commandes publiques et de palpables facilités foncières et bancaires sonnantes et trébuchantes. Le résultat pour la mise en place d’une économie créatrice de richesses n’en est pourtant guère visible, sauf pour les nouveaux riches à milliards. Car même si le chef du FCE déclare : «Nous ne sommes pas des prédateurs mais des bâtisseurs», les prébendes qui leur ont été accordées ne sont pas affectées à une réelle stratégie d’industrialisation.

A un moment où le pays prétend s’engager dans la diversification économique, peut-on espérer une réelle transition à l’industrialisation ? Et si elle doit avoir lieu, quid alors du secteur public où l’immobilisme, devenue vertu cardinale, a permis, quelque soit le gouvernement, de maintenir et préserver ses «règles» de fonctionnement et le même mode de gestion, en vérité de non-gestion ? En ces temps de vaches maigres, le secteur public continuera ainsi à générer du profit pour certains grâce à la rente de situation et à sa logique clientéliste qui autorisent gabegie et corruption.

Coincés au milieu des paradoxes d’un pouvoir autocratique et de pratiques économiques présentées comme ultralibérales, ces paradoxes traversent une société qui essaye de retrouver le nord avec une boussole que plus personne, apparemment, ne tient en main. La situation chaotique dans le secteur public peut-elle espérer une réhabilitation de celui-ci quand on sait le rôle social assigné à ce secteur ainsi qu’à l’Administration et à la Fonction publique de façon générale ? Que faut-il aux Algériens pour réagir alors ? Sans être subversif, il s’agit, sans être négatif, juste de mieux travailler, avec plus de rigueur, plus de conscience politique et professionnelle ; de redevenir citoyen. Mais il sera ainsi incontournable de s’interdire de questionner le pouvoir sans une remise en cause non pas seulement de son fonctionnement mais aussi de sa légitimité ?

Dans les casinos, quand on joue sans discontinuer, rares sont ceux qui raflent la mise sans s’arrêter de jouer, sinon on perd tout. Et là, force est de reconnaître qu’à présent, les jeux sont faits et que rien ne va plus.

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