Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


Quand j'aurai 30 ans en Algérie (source El Watan DZ)

Publié par The Algerian Speaker sur 26 Mars 2016, 14:23pm

Catégories : #CHABIBATE ALFINE (Nouvelle géneration)

Quand j'aurai 30 ans en Algérie (source El Watan DZ)

Quelle journée agréable ! Je suis plutôt fatiguée par contre. Si ce n’était pas mon obstination à rédiger, dans le détail, une page ou deux à propos de la journée, je ne serais peut-être pas là, à écrire dans ce journal, penchée sur mon bureau. De plus, ma lampe de bureau à énergie solaire n’a presque plus de batterie.

Que c’est drôle ! Serais-je la seule à encore raconter mes journées, maintenant qu’on est en 2032 ? Cette habitude serait-t-elle déjà disparue de ce monde ? J’aime beaucoup cela, pourtant… Quelle charmante idée que de garder un souvenir de chaque journée passée, pour en conserver une quelconque trace dans notre esprit. Mais pourquoi m’attarder encore ? J’entre maintenant dans le vif du sujet.

Quelle belle mais épuisante journée ! Je pourrais le répéter un bon nombre de fois. Il y a eu une panne de métro, aujourd’hui. C’est la première fois que ça arrive depuis qu’il relie l’ensemble des quartiers d’Alger entre eux. Cela a beaucoup facilité ma vie. Je peux encore me souvenir de l’époque où j’étais encore collégienne et qu’il n’existait qu’une seule ligne ne reliant que quelques quartiers d’Alger qui malheureusement n’incluaient pas le mien. Ah ! On peut dire que ma ville natale a beaucoup changé, depuis. Désormais, le métro mène à l’Observatoire aussi. Quelle magnifique vue ! A présent, la baie d’Alger est splendide. Bref. Donc, à cause de cette panne, je suis également arrivée en retard ce matin au travail. Depuis que je travaille au centre de recherche scientifique, je dois me lever plus tôt le matin pour prendre le métro et arriver à l’heure.

Aujourd’hui, à cause de la panne, j’ai dû prendre ma voiture, que je ne prends jamais pour m’y rendre. Quelle chance ! Je l’avais rechargée il y a quelques jours. Les voitures électriques sont pratiques et de plus en plus nombreuses sur les routes d’Alger. Heureusement, la panne a été annoncée dans un flash info hier. J’ai pu donc être au courant. Après être arrivée au garage, je me suis rendu compte que j’avais oublié ma carte.

Je suis donc retournée la chercher. Les cartes magnétiques sont plus pratiques que les clés et les anciennes serrures. Elles peuvent ouvrir la voiture également. Presque tout le monde installe ce système chez lui maintenant, notamment dans les lotissements comme celui dans lequel j’habite et qui sont de plus en plus nombreux à Alger. A l’achat d’une maison, on vous la donne, tout comme les clés. Après avoir récupéré ma carte, je suis sortie de chez moi pour aller au travail. Voyant le nombre de voitures sortant des garages, j’ai vite fait de comprendre qu’un embouteillage m’attendait.

En effet, je ne m’étais pas trompée. Maintenant que de nombreuses lignes de métro et de tramway ont été construites à Alger, le calvaire des embouteillages a presque disparu. C’est plutôt rare de se retrouver au milieu d’un bouchon en plein milieu d’Alger désormais. Ce n’est possible qu’en cas de panne ou de grève.

En arrivant au travail, j’ai enfilé ma tenue de sport après avoir passé le bonjour à tout le monde. Une salle de sport a été aménagée pour le bien-être des personnes qui travaillent au centre. Effectivement, rien de mieux qu’un peu de sport le matin avant de commencer le travail ! Ainsi, cela permettrait de meilleurs rendements et ce système a été adopté par certaines entreprises d’Alger. Je travaille actuellement dans un centre de recherche ultra-moderne très récent et dans lequel j’ai été embauchée à la fin de mes études. Ma spécialité est très demandée en Algérie ces temps-ci. Il est situé dans un nouveau quartier dans les hauteurs d’Alger. C’est très bien équipé. Mon bureau et le laboratoire d’à côté se trouvent par chance au dernier étage du gratte-ciel, ce qui me permet d’avoir une vue splendide et un calme parfait. En effet, loin du brouhaha des voitures, je peux admirer de ma fenêtre le nouveau jardin botanique d’Alger. J’ai entamé ensuite ma journée en entrant au laboratoire.

En ce moment, on est en pleine étude sur une plante supposée efficace en tant que remède contre le virus mortel «Tisa». En effet, le flux de réfugiés qui sont venus en Algérie suite à la guerre en Afrique a fait pénétrer cette maladie provoquée par une piqûre de mouche. Mon équipe et moi pourrons bientôt aboutir à la découverte d’un médicament efficace. Nous travaillons en collaboration avec des équipes de médecins africains dans le but de découvrir ce remède. A midi, je suis descendue prendre mon repas même si je pourrais le recevoir à l’aide d’un ascenseur conçu pour ça. Avec les collègues, j’ai déjeuné en discutant à propos de nombreux sujets. J’ai repris ensuite le travail pendant l’après-midi jusqu’à 16h.

Comme on est en fin de semaine, cela me permet d’aller quelque part, ce que je fis. Je suis donc passée par l’Algiers Mall pour récupérer mes courses commandées par internet au cours de la semaine (fini le calvaire des courses à faire sur place d’il y a quelques années). Je peux donc gagner du temps pour me faire plaisir. Les courses récupérées, je suis passée pour me détendre par oued El Harrach afin de me promener sur ses rives. Cet endroit est depuis quelques années un lieu de détente et de plaisance où les Algérois se rendent souvent. J’ai déposé ma voiture au parking et commencé ma ballade.

De nombreux restaurants et coffee-shops se trouvent tout au long. Je me suis installée sur la terrasse de mon café préféré : La Gaufrette et j’ai commandé une glace aux différents arômes, mon dessert préféré. Ce fut un régal. Le soleil se couchait. C’est si relaxant d’admirer une si belle vue, ce soleil rougeâtre brillant de mille feux à l’horizon.

Le fait de contempler un tel paysage me fait oublier la fatigue de ma longue journée de travail. J’aurais aimé aller à l’Observatoire, d’où la vue est encore plus belle, car l’on peut voir tout Alger ! Depuis qu’il a été bâti en pleine baie d’Alger, j’y vais plus ou moins souvent. Pas de privation après une longue journée de travail ! Le cinéma étant tout près, j’ai décidé ensuite d’aller voir le plus récent film fantastique projeté à Alger. A la fin de la séance, il était près de 20h. J’ai rencontré une amie à ma sortie.

On a décidé d’aller dîner ensemble dans un restaurant chic situé toujours sur les rives de oued El Harrach. Nous avons dîné au restaurant A la bonne assiette. Nous avons beaucoup discuté avant de se dire au revoir et de se quitter pour rentrer à la maison vers 23h, laissant encore de nombreuses personnes se promenant ou dînant aux bords de oued El Harrach. Les Algériens sortent de plus en plus le soir. J’ai repris donc ma voiture du parking et je suis rentrée chez moi. Un gardien de nuit qui surveille le lotissement a vérifié ma carte. Ici, pas d’intrus. De retour à la maison, j’ai rangé les courses, enfilé mon pyjama, me suis installée à mon bureau pour rédiger ma journée : un rituel que je ne pense pas cesser un jour.

Imène Ousser, 13 ans, Alger
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L’avenir est aux yeux de beaucoup, une incertitude, une variable, voire un gouffre insondable. Pour moi, ce n’est ni plus ni moins qu’une panachure de chimères. Mes rêveries à moi, je ne les dois pas à Morphée et elles sont pléthore.

Lorsque j’aurai trente ans, je m’imagine, le matin, émerger lentement d’un doux sommeil réparateur et bondir ensuite hors de mon lit. Je me prépare non sans hâte, au son d’un bulletin météo qui annonce une journée radieuse.

Je sors finalement de mon appartement et au pied de mon immeuble, des effluves de jasmin et de roses viennent titiller mon odorat et m’accompagnent en traversant ma cité. Mon lotissement est assez hétéroclite. Des jeunes et des personnes âgées s’y côtoient. Il est l’un de ces nombreux ouvrages à l’architecture moderne qui ont endigué la crise du logement.

Je fais quelques pas et je suis à un arrêt de bus. Un tableau numérique affiche deux minutes. Comme prévu, le bus arrive quelques instants plus tard, propre, rutilant comme neuf. Il ouvre ses portes, les gens montent sans se bousculer.

Au terminus, je suis en plein Alger. Je déambule dans ses boulevards immaculés, bordés d’arbres et de fleurs. Puis, je m’arrête à un bureau de tabac où on n’en vend plus. Et j’achète un quotidien bien connu. Au contact du papier, je me dis que celui-ci n’a rien à envier au verre de ces tablettes higt- tech. Je consulte ma montre, il est assez tôt, mais la ville est déjà bien éveillée.

Je vais à un café rustique, dont la terrasse surplombe la baie, je m’y attable. Le serveur prend ma commande puis en admirant Alger, je me mets à observer la clientèle et je constate que les femmes y sont nombreuses. Un moment plus tard, je sirote un café comme seuls ceux qui furent autrefois appelés maures savent en faire, accompagné de l’indétrônable mille-feuilles ; brassage de culture oblige. Je lis en même temps mon journal. Les journalistes ont la plume fine mais pourfendeuse. Les nouvelles reflètent la démocratie et l’Etat de droit. Je règle ma note : 15 DA ! L’économie se porte mieux que jamais.

Je sors du café bien éveillé. Je me dirige vers mon bureau qui n’est d’ailleurs pas bien loin. C’est la période des stages pour les étudiants et nous en recevons beaucoup. Cultivés, assidus et courtois, ils sont la preuve de l’efficacité des réformes de l’éducation. Je discute avec mes collègues de nos derniers projets. Les architectes sont assez sollicités : Alger comme tout le reste du pays tient à être moderne.
Je finis tôt ce jour-là et cela tombe très bien, car les jeudis soir sont bien chargés. Je me retrouve à nouveau en plein centre-ville. Je m’arrête alors chez un marchand de fruits et légumes.

Ces derniers sont magnifiques et ne sont bien sûr pas issus de manipulations génétiques. Je m’offre une pomme qui reflète à elle seule toute la fertilité des terres de mon pays qui sont entre les bonnes mains de nos cultivateurs. Je m’en délecte sur le banc d’un parc fleuri, puis en levant les yeux au ciel, je me réjouis de le voir d’un bleu éclatant, la ville s’étant débarrassée de son voile de pollution, l’état encourageant l’écologie et les énergies vertes.

Je passe chez un libraire et je slalome calmement entre les rayons. J’esquisse alors un sourire en passant devant des étagères où sont disposés des livres édités en tamazight : en caractères tifinagh, latins et arabes. Mon téléphone sonne. Je suis en retard à mon rendez-vous. Je saute dans un taxi qui me dépose à côté de l’opéra d’Alger. Mes amis m’y attendent. On entre à l’intérieur de la bâtisse et, comme à chaque fois, on en a le souffle coupé ! La salle est comble mais on a de bonnes places. Il semblerait que la jeunesse se soit vivement éprise de l’art.


La représentation théâtrale finie, une amie nous indique qu’une table de restaurant nous était réservée non loin de là. A l’intérieur du restaurant, diverses langues se font entendre ; l’Algérie est une destination phare et les touristes y affluent. Je me fais déposer devant chez moi assez tard. Tant pis pour la douche, je m’affale sur mon lit, détendu et le sommeil me gagne lentement après cette journée comme toutes les autres, empreinte de sérénité.

Nazim Mezani, 18 ans, Alger

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