Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


A Paris en 2015, comme à Alger en 1995, même pas peur par Ania KACI OULDAMARA

Publié par The Algerian Speaker sur 1 Avril 2016, 13:51pm

Catégories : #Editos : let's go

 A Paris en 2015, comme à Alger en 1995, même pas peur  par Ania KACI OULDAMARA

II était 22 heures un certain 13 novembre 2015 et je ne peux m’empêcher de revivre des scènes longtemps refoulées. Ce 13 novembre 2015, j’avais à nouveau 4 ans et je me replongeais dans mes angoisses d’enfance, une enfance balancée entre la guerre et la paix. Il est extrêmement difficile de trouver les mots et d’écrire.

Je n(avais 4 ans et je disais : même pas peur

Ce 13 nvembre 2015 me replonge dans l’ambiance glaçante d’Alger en 1995, 1996, 1997 et toutes ces années noires. Ces années taboues, refoulées, mais jamais oubliées, où nos soirées se rythmaient au bruit d’explosions, de bombes et nos réveils au rythme des unes morbides des journaux. Nous entendions les tirs de kalachnikov, les cris, les pleurs. Nous ressentions tour à tour de la souffrance, de la haine, et de la peur. J’avais 4 ans et je ne comprenais rien, pourquoi ces bombes, pourquoi ces crimes, pourquoi ces assassinats ? J’avais 4 ans et j’ai grandi avec ma grand-mère qui, affrontant sa peur, les affrontant, sortait, marchait, vivait, refusant de soumettre au diktat de la peur. Pourtant, je n’avais que 4 ans et je ne m’étais jamais habituée à cette atmosphère, je n’arrivais pas à dompter mes peurs pour vivre, parler haut et fort comme elle. J’attendais le retour en France pour tenter d’oublier, pour retourner vivre en paix, prendre les transports, ouvrir à mon voisin sans craindre qu’il se fasse sauter, sortir acheter du pain ou aller au marché, parler, écrire, sans avoir la crainte de pouvoir finir moi aussi, recouverte de l’un de ces draps blancs.

Ce 13 novembre, je replonge dans la terreur. Cette fois, à Paris, en France, à deux pas de chez moi, je me suis retrouvée confrontée à ces actes immoraux, inhumains, je suis à nouveau replongée dans une atmosphère rythmée d’explosions stridentes, puis de silences assourdissants. Ces instants installant la terreur, la crainte, la méfiance. Nous quittions Alger pour Paris où nous étions persuadés de ne jamais vivre ça ici, en France. Vingt après, Alger en 1997 puis Paris en 2015, nous retrouvons la même peur qu’ils voulaient installer. Aujourd’hui comme hier, ils visaient des lieux populaires, des lieux que chacun côtoyait. Aujourd’hui comme hier, ils tiraient sur n’importe qui, sur des innocents. Aujourd’hui comme hier, ils auraient pu tirer sur moi, sur l’un de mes amis, ou sur ma mère. Mais comme hier où nous n’avions pas peur, aujourd’hui, j’ai 23 ans et plus que jamais, plus qu’hier, je m’efforcerai à appliquer le diktat imposé par ma grand-mère : même pas peur.

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