Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

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Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


Alger, Chakib Khelil en quête d’une virginité perdue (source RMA)

Publié par The Algerian Speaker sur 17 Avril 2016, 13:49pm

Alger, Chakib Khelil en quête d’une virginité perdue (source RMA)

Le retour à Alger de l’âme damnée du président Bouteflika, Chakib Khelil, l’homme des Américains, inquiète les milieux d’affaires français

Chakib Khelil, l’ancien ministre du pétrole et l’ami si cher du chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, est rentré de son exil forcé. Son parcours exceptionnel, qui l’a fait trébucher, voici cinq ans, sur le scandale de la Sonatrach, la grande société pétrolière algérienne éclaboussée par plusieurs procédures, alimente les discussions dans tous les cafés populaires algériens. Celui qui passait dans les années 2010 pour le plus fidèle ami du Président Bouteflika, s’était exilé, outre Atlantique, pour échapper aux procédures qui à Alger, à Milan et même à Paris (1), le mettaient, du moins indirectement, en cause.

Pour l’heure, l’homme parle peu. Ce taiseux a accordé une seule interview accordée à Ennahar TV, la télévision privée qui sert de support médiatique au clan Présidentiel. Ses déplacements sont très discrets, à l’exception des deux visites dans des zaouïas très influentes à Djelfa et Mascara, véritables points d’appui de l’influence de Bouteflika dans le pays.

L’objectif du clan présidentiel est clair. Il faut racheter une virginité à Chakib Khelil, noirci par les enquêtes menées sur les scandales de corruption de Sonatrach. Histoire, imaginent certains, de transformer cet ancien proscrit en un possible dauphin. Le tout avec l’appui des Américains dont l’influence à Alger reste déterminante.

Boules puantes

Officiellement, le clan présidentiel jure que ces enquêtes menées contre la gestion de la Sonatrach ont été bidonnées, préfabriquées. Ce qui est loin d’être la réalité, quand la justice italienne, saisie elle aussi de ces dossiers, fait état de commissions occultes de 200 millions d’euros pour les proches de l’ancien ministre du pétrole.

Ce qui est vrai, c’est que le général Mediene, dit Toufik, le tout puissant chef des services secrets algériens, le fameux DRS, qu’il a dirigé jusqu’en septembre 2015, a tout orchestré pour faire tomber un Khelil perçu comme un des principaux piliers du clan présidentiel. Il fallait, pour les hommes des services secrets, éliminer le maître de la stratégie énergétique d’Abdelaziz Bouteflika et salir celui dont le chef de l’Etat comptait faire, après sa réélection en 2009 pour un troisième mandat, son Premier ministre.

Chabik Khelil, missioné pour rapporter des milliards de pétrodollars, aura été jusqu’à son exil la pièce maitresse de la stratégie politique de Bouteflika. Le DRS qui voulait maintenir sa part dominante dans le gâteau pétrolier, voyait d’un très mauvais oeil l’emprise grandissante de Bouteflika et de Khelil sur le trésor de guerre.

L’arroseur arrosé

La suite de l’histoire est connue: des scandales de corruption éclatent à Sonatrach et le nom de Chakib Khelil est traîné dans la boue. Les médias largement contrôlés alors par le DRS (services algériens) s’en chargent ont accès largement aux dossiers judiciaires. Le ministre du pétrole démissionne et très vite prend le large.

Mais, aujourd’hui, la situation politique a changé du tout au tout. Le DRS (services algériens), est décapité, son chef, le général Toufik, placé à la retraite en septembre 2015, et ses principaux responsables soit emprisonnés, comme le général Hassan, soit renvoyés à leurs pénates. Le vent a tourné. Des enquêtes sont diligentées sur les frasques financières des amis de Toufik, notamment sur les commissions touchées lors de la construction du nouveau siège des services secrets, « le Pentagone algérien », dans la grande banlieue d’Alger. Des révélations son distillées au compte goutte sur les méthodes d’infiltration des groupes terroristes par les militaires à l’époque de Toufik. Les langues se délient, le DRS se délite.

Le moment est donc venu où Chakib Khelil reçoit le feu vert pour revenir en Algérie. Le Wali d’Oran l’accueille avec tous les honneurs au Salon d’honneur de l’aéroport de la capitale de l’ouest algérien.

Les Français vent debout

Les réseaux d’affaires français sont à l’avant garde des cercles hostiles à une réintégration politique de Chakib Khelil. Et pour cause, l’ancien ministre de l’énergie a toujours voulu que son ami Bouteflika se rapproche des Etats-Unis au détriment de la France. C’est Chakib Khelil qui a convaincu le groupe pétrolier « Halliburton » de miser sur l’Algérie. Chakib Khelil encore qui a voulu booster les exportations du pétrole et gaz algérien vers le marché américain.

D’où l’inquiétude des réseaux français. Qu’ils soient agents agréés d’entreprises installées en Algérie, actionnaires de filiales françaises, membres actifs des missions d’affaires, amis des diplomates français, ces réseaux participent activement ces jours-ci à Alger à une large campagne qui tente d’empêcher Chakib Khelil de retrouver une fonction officielle.

L’objectif des Bouteflika est de réunir un consensus pour pouvoir donner un nouveau poste à Chakib Khelil. Mais lequel? L’intéressé confie qu’il ne refusera rien à ceux qui l’ont aidé à retrouver sa famille et son pays. Le remaniement ministériel annoncé depuis des lustres a été retardé en raison du retour de l’enfant prodige

Mais au sein même du clan présidentiel, aucun accord n’a été trouvé. Saïd Bouteflika verrait bien Chakib Khellil auprès de lui, conseiller au Palais d’El-Mouradia. Ahmed Ouyahia, le chef de cabinet de la Présidence, s’y oppose. Le Premier ministre, Sellal, et ses proches, tétanisés par la chute du barril qui les privent de toute manne budgétaire, militent pour nommer Chakib Khelil à l’OPEC à Vienne pour contrer l’hégémonie de l’Arabie Saoudite. D’autres acteurs du clan présidentiel comme Tayeb Belaïz ou Nourredine Zerhouni verraient bien Chakib Khelil au gouvernement.

Au sein du sérail algérien, le sort politique de l’ami de « Boutef » ne laisse personne indifférent. Ce sera en effet un indicateur décisif de la façon dont s’engage la succession du chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, plus amoindri et malade que jamais.

(1) Suite à la plainte à Paris d’une obscure association de contribuables algériens, une instruction a été ouverte à Paris. Le dossier s’est considérablement enrichi, ces derniers mois, grâce à la transmission par la justice italienne, de comptes bancaires et de biens immobiliers liés au scandale de la Sonatrach.

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