Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

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Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


Avec Chakib Khelil, sur les chemins des zaouïas, des saints et des stations-services (SOURCE TSA)

Publié par The Algerian Speaker sur 29 Avril 2016, 08:45am

Catégories : #DEBATS A BATONS ROMPUS(hiwar bila houdoud)

Avec Chakib Khelil, sur les chemins des zaouïas, des saints et des stations-services  (SOURCE TSA)

Le départ est prévu à 6h30. Le rendez-vous est fixé près de la brigade de la Gendarmerie de Douéra à Alger. Une fois sur place, il faut patienter, en attendant l’arrivée de Chakib Khelil. L’ancien ministre de l’Énergie arrive à 7h30.

Chemise blanche, il est dans la berline blanche au milieu du cortège. Son frère et un journaliste l’accompagnent. Dans la Golf grise qui le suit derrière, un autre membre de la famille. Sa mission : gérer la page officielle de l’ancien ministre sur Facebook.

Sur l’autoroute Est-Ouest, le cortège roule très vite, à 140, 150 et parfois 160 km/h. On atteint l’aire de repos de Douï à Aïn Defla rapidement. Chakib Khelil descend de sa voiture. Il veut seulement se dégourdir les jambes.

Lunettes de vue vissées sur le nez et un pin’s aux couleurs de l’Algérie accroché sur sa veste, il salue les journalistes qui l’accompagnent. Des employés de la station-service le saluent chaleureusement. L’un d’eux l’invite à passer dans les bureaux de la station.

« La station-service est belle », glisse l’ancien ministre. Avant de préciser, un léger sourire aux lèvres, « c’est nous qui l’avions réalisée ». L’ancien ministre semble particulièrement fier des stations-services de l’autoroute. La pause prend peu à peu l’allure d’une visite d’inspection. Mais elle ne dure pas longtemps. Khelil et ses accompagnateurs reprennent la route. Direction : Chlef, où il est attendu dans une zaouïa.

Rachid Nekkaz en rabat-joie

Pour l’accueillir, une délégation est sur… l’autoroute à proximité du barrage de gendarmerie. La berline blanche s’arrête. Les gendarmes bloquent la circulation sur l’autoroute le temps de quelques accolades. Le cortège prend la bretelle d’accès à Chlef avant de s’engager sur une route nationale. Sur la route, des policiers font passer, à leur tour, le cortège en priorité. Les chemins montent vers Aïn Merane, première étape du programme de Chakib Khelil.

Sur place, une foule nombreuse attend à quelques mètres de la mosquée-zaouïa où doit se rendre l’ancien ministre. Un invité inattendu, Rachid Nekkaz, est là pour « l’accueillir ». « Habitants de Aïn Merane, ne laissez pas la politique entrer dans la maison de Dieu », tonne l’ancien candidat à l’élection présidentielle. Khelil ne sort pas de sa berline. Le doute s’installe.

Mais rapidement, les organisateurs tentent de forcer l’ancien candidat à la présidentielle de 2014 à quitter les lieux. Peine perdue ! Des jeunes interviennent. Des « laissez-le ! » fusent dans la foule. La voiture de l’ancien ministre arrive tout de même à se frayer un chemin et s’arrête en haut de la mosquée. Tandis que Nekkaz tente de mobiliser la foule à l’entrée de la mosquée, Khelil est déjà à l’intérieur.

La porte de la mosquée est condamnée le temps de la « cérémonie ». Elle est très brève. Dehors, la foule tente de forcer la porte. Mais Chakib Khelil et ceux qui l’accompagnent quittent les lieux rapidement en empruntant une porte secondaire. Quand Rachid Nekkaz s’aperçoit de la situation, Khelil est déjà ailleurs. Dans un hangar transformé en une salle de prière.

L’ancien ministre est au milieu d’un groupe de fidèles récitant des versets du Coran. Les bras croisés, il semble perdu. Il faut mettre les bouchées doubles pour faire oublier l’incident de Rachid Nekkaz. Un de ses hôtes prend le micro et parle du passé du « moudjahid » Khelil « qui s’est sacrifié pour son pays ». Suit une séance-photos en djelaba et burnous, avec un bébé dans les bras. L’arrivée du plateau de lait et de dates annonce la fin de la séance.

« On est venu prier pour le Président »

Des journalistes tendent leurs micros pour une déclaration. « Nous sommes venus ici pour prier pour notre Président. Que Dieu le guérisse », dit-il. Derrière les caméras, un jeune adolescent s’amuse : « Il doit en avoir une collection (de burnous, NDLR) maintenant ».

Le cortège reprend la route. Direction : Medjadja où se trouve la zaouïa de Sidi M’hamed Ben Ali Ben Abderrahmane.

Au-delà de la chaîne montagneuse de l’Ouarsinis en arrière-plan, le décor est pratiquement le même : la fantasia, baroud, lait, dattes et une procession de cheikhs, responsables locaux et autres, venus serrer la main de Chakib Khelil. Ils le suivent partout dans la zaouïa pour prendre des photos, une vidéo ou échanger quelques mots avec lui. Ils le suivent également dans la cour, devant les tombeaux des saints et jusqu’à la salle de prière où le déjeuner lui est servi.

Chakib Khelil et les stations-services

Il est presque 14 heures quand le cortège quitte Medjadja. Nouvelle halte dans une aire de repos sur l’autoroute. Khelil s’installe d’abord dans la cafétéria. L’ancien ministre de l’Énergie et des Mines a l’air pensif mais il est loin d’être exténué.

L’endroit lui évoque sans doute des souvenirs. Il semble particulièrement apprécier ces stations-services autant que les zaouïas. Une petite visite des lieux s’impose alors avant de continuer la route vers Relizane. Deux zaouïas sont au programme de la visite dans cette wilaya.

Le cortège se dirige d’abord à Adda Ben Mahieddine. Dans cette zaouïa, le comité d’accueil n’est pas composé seulement d’hommes. Des femmes et des enfants sont présents. Des youyous fusent dès l’arrivée de Chakib Khelil. Ses hôtes le dirigent vers une petite salle pour le goûter. Les caméras ne sont pas autorisées à entrer. « Il est en train de manger. Il ne veut pas être filmé », explique un organisateur. Dans un coin ombragé de jeunes « tolbas » psalmodient des chants religieux.

« Ce n’est pas une visite politique »

Après avoir visité la deuxième zaouïa à Rélizane, cap sur El Attaf à Aïn Defla où Chakib Khelil est attendu à la zaouïa de cheikh faqih Mohamed Larbi Tiberkanine. Le cortège doit parcourir une centaine de kilomètres avant d’y arriver. Une troisième halte s’impose dans l’une des aires de repos que le ministre semble affectionner. Chakib Khelil s’attable dans la cafétéria. Il est entouré de journalistes. C’est la première fois depuis le début de la tournée qu’autant de médias l’accompagnent.

Khelil est sollicité par des jeunes pour des selfies. Il accepte et tente de faire un peu d’humour avec eux : « Sur la photo, j’ai l’air plus jeune que vous ». Le jeune supporter du MCA ne branche pas. « Je retrouve des gens que j’ai déjà aidés par le passé », dit-il aux journalistes. Devant eux, il évoque la distribution de l’électricité, du gaz et… les stations-services. Il se défend de toute action politique.

« Pour vous, elle (cette visite) est politique. Pour moi, ce n’est pas le cas, pas du tout ! », assure-t-il. Une question sur la santé du président Bouteflika l’agace. Son visage se ferme. Il affirme qu’il n’a pas plus d’informations sur le sujet que les journalistes. Le cortège poursuit son ascension vers la zaouïa de Mohamed Larbi Tiberkanine.

Des ambitions présidentielles ?

À l’issue du dîner aux chandelles organisé à son honneur, l’ex-ministre de l’Énergie accepte de tenir un petit point de presse. « Seulement trois question. Pas plus ! », explique l’un des organisateurs aux journalistes. Chakib Khelil se voit encore une fois interrogé sur son « ami » le président Bouteflika. Il donnera la même réponse : il n’a pas plus de nouvelles que les journalistes.

Il assure ensuite ne pas avoir d’ambitions présidentielles mais sans exclure totalement l’éventualité de se porter candidat lors de la prochaine élection présidentielle. En attendant 2019, Chakib Khelil compte bien poursuivre son périple mystique à travers les zaouïas des 48 wilayas du pays. Prochaines étapes : Annaba puis Adrar.

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