Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

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Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


Dellys (دَلَّسْ)...cette Andalousie oubliée, ce paradis.... par Fawzi SADALLAH

Publié par The Algerian Speaker sur 25 Mai 2016, 08:12am

Catégories : #HISTOIRE (KAN YA MAKAN FI KADIM AZAMANE

DELLYS LADJENA
DELLYS LADJENA

La présence des andalous en Algérie ne se limite certainement pas aux grandes villes uniquement, comme Tlemcen, Alger ou Constantine...

Le voyageur allemand Heinrich Von Maltssen qui a séjourné dans notre pays de 1832 à 1835, citant "Nouzhat El-Mouchtaq Fi Ikhtiraq El-Afaq" d'El-Idrissi, parle d'un endroit appelé Al-Andalouss situé à 30 miles à l'est de port aux poules (Marça El-Ddajâj) et à 70 miles à l'ouest de Bejaia. Et selon lui, il "n'y a pas de doutes que cet endroit est Dellys qui, semble-t-il, s'appelait Al-Andalouss au 12ème siècle".

L'historien algérien Mohamed Lamine Belghith confirme de son côté l'arrivée d'une vague d'exilés musulmans de Valence via la Tunisie à "Tadless" qui n'est autre que "l'actuelle Dellys" assure-t-il. Un bon nombre de ces exilés allait rejoindre plus tard Alger pour fuir la menace espagnole sur les côtes algériennes.

Mais les vrais fondateurs de l'identité andalouse de Dellys et les bâtisseurs de sa vieille Casbah, regardant vers la mer depuis la fin du 11ème siècle, ce sont les Banou Samadih بنو صمادح, des Toujibites yémenites التجيبيون اليمنيون, anciens souverains de la principauté (Taifa) d'Almeria, au sud-est de l'Andalousie qui avaient fui la conquête almoravide accompagnés de leur élite politique et intellectuelle.

On raconte toujours que Al-Mo3izz Ibnou Samadeh المعز بن صمادح, le dernier souverain de la dynastie des Béni Samadeh d'Alméria, en mettant pied dans la région a été si fasciné par sa beauté qu'il s'est écrié : WALLAHI INNAHA LAJANNA !!! والله إنها لَجَنَّة (je jure par Allah que c'est un paradis). Et depuis ce jour, à ce qu'on dit, cet endroit précis de Dellys est appelé LAJANNA ou Ladjena.

C'est à cette époque-là que Dellys s'est dotée de ses plus beaux jardins, particulièrement à LAJANNA, qui entouraient de très belles maisons couvertes de tuiles rouges à la mode de Grenade.

Et c'est à la même époque que la ville désormais d Al-Mo3izz Ibnou Samadeh s'est accoutumée à prononcer le "t" "ts" à la manière andalouse comme à Alger, Tlemcen, Ghazaouette ou Jijel::: et dire BEITA بَيْطَا au lieu de BAIDA بيضاء et dire "Fayouq" pour "quand est-ce que"... etc.

Dans cette petite ville située aux portes de la Kabylie, on peut toujours rencontrer des vieux sages, profondément enracinés dans la région, colportant des histoires anciennes qui retracent les origines des vieilles familles citadines de cette ville et ses alentours, tels que les Bessaiah بسَّايَحْ, qui, dit-on, sont arrivés "il y a très longtemps de l'Espagne après un naufrage" qui a failli leur coûter la vie.

De passage à cette bourgade appelée auparavant par sa population carrément Landilouss, Léon l'Africain fut impressionné, tout comme pour Bejaia, par un fait notable. Presque tous ses habitants savaient gratter les cordes de la guitare et du luth, bien qu'aujourd'hui la musique andalouse est inexistante dans cette ville en dehors des cœurs des mélomanes et amoureux de l'héritage des Ziryab, Ibn Baja, Oumayya Ibn Abi Essalt et autres géants de la musique sévillane, cordouane, valencienne ou grenadine de l'Espagne musulmane.

Une ressemblance remarquable des structures mentales est à souligner entre les vieilles familles de Dellys d'une part, avec tout ce qui s'en suit en matière de caractéristiques linguistiques, profil psychosociologique, rites et coutumes, et d'autre part les communautés d'origine andalouse d'Alger ou de Tlemcen et même d'ailleurs jusqu'au nord du Maroc.

as loin de Dellys et aux portes d'Alger, les Andalous ont trouvé dans l'ancienne ville romaine Tamentfoust, à la suite de la chute d'Almeria au 12ème siècle, un havre de paix les protégeant contre le cauchemar des discordes des Taifas puis des invasions espagnoles catholiques.

Tamentfoust, tout comme Dellys, s'est aussitôt transformée entre leurs mains en un petit Eden très prospère économiquement et avec une manière de vivre des plus raffinées...

Dellys (دَلَّسْ)...cette Andalousie oubliée, ce paradis.... par Fawzi SADALLAH
Dellys (دَلَّسْ)...cette Andalousie oubliée, ce paradis.... par Fawzi SADALLAH

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NACER BEY 30/05/2016 19:41

Dans peu de temps et à la cadence de l'arrachage de la vigne pour y planter à la place des immeubles et des villas, Dellys deviendra un véritable enfer.

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