Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


L'EXORCISTE par Omar BERBICHE

Publié par The Algerian Speaker sur 30 Mai 2016, 16:11pm

L'EXORCISTE par Omar BERBICHE

Le dossier du rachat des actifs du groupe de presse El Khabar est devenu proprement kafkaïen. Dès le départ, les motivations des actionnaires d’El Khabar ayant cédé leurs actions à l’homme d’affaires Issad Rebrab étaient connues du pouvoir qui dispose des bilans de l’entreprise pour savoir pourquoi ses propriétaires sans histoire ont été contraints et forcés de recourir à cette solution extrême pour sauver le titre — et leurs intérêts aussi, bien évidemment.

De la même façon, le nouvel acquéreur majoritaire du groupe a tenu, dès la conclusion de la transaction, à rassurer ceux qui, au sein ou en dehors du pouvoir, l’accusent de vouloir, à travers l’acquisition du groupe El Khabar, se doter d’un puissant moyen de communication dans la perspective des prochaines élections. Pas pour servir des ambitions personnelles forcément, M. Rebrab n’a jamais manifesté, du moins jusqu'ici, le désir de faire de la politique.

Mais pour servir, selon ses détracteurs, d’autres desseins, un clan déchu du pouvoir qui chercherait à reprendre du service. Le patron de Cevital a pourtant beau jurer qu’il n’avait aucun autre intérêt, à travers cette acquisition, que celui de sauver ce titre de la banqueroute qui le menaçait, qu’il n’a fait que répondre à une sollicitation pressante de ses anciens propriétaires, le pouvoir ne désarme pas pour autant. Dans ce conflit devenu triangulaire — avec la demande de la défense de la partie plaignante de convoquer les actionnaires d’El Khabar à la barre — on ne sait plus quel est ce démon dissimulé dans le corps possédé du groupe El Khabar qui fait tant trembler le pouvoir et que l’on cherche à exorciser. Le respect de la loi invoqué par le ministre de la Communication pour appuyer sa plainte ne peut pas faire oublier que c’est le pouvoir qui est responsable de la situation de précarité dans laquelle s’est retrouvé le groupe.

Ceci pour dire qu’il ne faut surtout pas être naïf pour croire que le pouvoir cherche à sauver El Khabar et à le soustraire des griffes d’un homme d’affaires présenté, de manière abjecte, comme un charognard et un sous-traitant politique pour le compte de forces tapies dans l’ombre. Les propriétaires historiques d’El Khabar sont-ils devenus subitement fréquentables aux yeux du pouvoir, voire un moindre mal par rapport à un éventuel changement statutaire qui échapperait totalement à son contrôle, comme on le craint à travers cette transaction avec Rebrab ? Si la vente du groupe est annulée par la justice et que les choses reviennent à leur état initial, lèvera-t-on les entraves qui pèsent sur El Khabar et d’autres titres indépendants soumis au même chantage ?

Le tollé soulevé dans l’entourage du pouvoir — par avocat interposé du ministère de la Communication — par la décision de Rebrab de mettre en Bourse la majorité des actions du groupe El Khabar comme solution palliative, indique clairement que l’annulation de la vente du groupe de presse n’est qu’un faux alibi juridique pour mieux l'achever. L’objectif étant, après lui avoir coupé les vivres de la publicité, d’empêcher toute opération de recapitalisation pour assurer sa survie. L’option la moins risquée est d’attendre que le groupe meure de sa belle mort. En le poussant à la faillite.

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