Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


La crise est dans le système et pas uniquement dans les caisses (source I24.INFO)

Publié par The Algerian Speaker sur 18 Mai 2016, 08:10am

Catégories : #DEBATS A BATONS ROMPUS(hiwar bila houdoud)

Ferhat Ait Ali ,lifinancier
Ferhat Ait Ali ,lifinancier

Le dernier communiqué du ministère des Finances relatif à la situation du Trésor durant les deux premiers mois de 2016, laisse plutôt perplexe sur la gestion des finances publiques en temps normal et devient inquiétant en temps de crise.

Il pose dans les faits plus de questions qu’il n’apporte de réponses claires en terme de transparence budgétaire et de rationalité des dépenses.

Mettant à la disposition du public des informations partielles et disparates, qu’il est impossible à première vue de corréler avec des destinations précises des dépenses et des facteurs précis de baisses de recettes, ce communiqué transmis via l’APS, tombe au plus mauvais moment pour la campagne de promotion de l’emprunt obligataire, et même pour un éventuel recours à des financements extérieurs.

Avant d’aller plus loin dans l’analyse de ces chiffres en fonction des autres éléments disponibles sur d’autres source officielles de données économiques, il y a lieu de relever les retards aussi inexplicables légalement et moralement, dans la publication des statistiques de la Banque d’Algérie, et des douanes algériennes, ainsi que le détail des opérations du Trésor qui n’ont pas été mises à jour depuis Novembre 2015, empêchant ainsi toute clarification sur l’origine de cette situation financière qui ressemble fort à une mise à zéro des réserves financière de l’état

Les bureaucrates en charge des secteurs économiques du pays, habitués à s’adresser à des subalternes peu récalcitrants et à des supérieurs peu regardants, ne se doutent manifestement pas des dégâts que cette forme de communication par l’injonction, le secret et l’esbroufe engendre sur le moral général de la Nation, la crédibilité du pays à l’international et les couches ciblées par leurs campagnes de morale à sens unique et de civisme de conjoncture, estimant vraisemblablement qu’à partir d’un certain statut on est dispensé de pratiquer ses propres prêches et sermons.

Pour revenir aux chiffres ainsi annoncés, on peut tirer les conclusions suivantes :

En recettes

Si la baisse des recettes pétrolières était prévisible et même échappant au contrôle du gouvernement le recettes ordinaires elles, sont aussi éloignées de celles de 2015 que de celles des prévisions de la LF 2016 qui tablaient globalement sur des recettes de l’ordre de 510 Milliards de dinars alors qu’il n y a eu que 392 milliards de perçus.

Ce recul de 96 milliards par rapport à la même période en 2015, et de 118 milliards de dinars par rapport aux prévisions, ne peut être expliqué par un recul de l’importation ni par une baisse des recouvrements, surtout que la dévaluation était censée augmenter en théorie la fiscalité sur les importations qui même en recul en valeur étaient compensées par la base taxable en dinars élargie de 20% entre février 2015 et février 2016.

Il y a donc eu ralentissement de l’activité en interne, induite par un recul de la consommation mais aussi de la production interne, et des déclaration depuis que l’informel fait l’objet d’une sollicitude dont le formel semble être écarté aux yeux des autorités.

Il y a de ce fait lieu de regarder de plus prés les effets négatifs des dévaluations sans étude préalable et des différents dispositifs aussi sélectifs que peu justes de facilitations fiscales mal orientées sur l’économie en général et les ressources de l’état en particulier.

Cette baisse de 118 milliards des ressources ordinaires et de 77 milliards de ressources globales du Trésor est à imputer en augmentation dans le déficit global du Trésor par rapport à 2015 et aux prévisions.

En Dépenses

que le gouvernement a consommé en l’espace de deux mois l’équivalent de la dotation de 100 jours, tous ministères et secteurs confondus dans l’absolu. et mal calculé ses recettes fiscales ordinaires, et particulièrement les recettes douanières qui font la moitié de ces ressources ordinaires.

Ainsi il parait difficile d’avaler une augmentation de l’ordre de 817,4 Milliards de dinars, par rapport à la même période de 2015, dont 319 au titre du fonctionnement et 498,5 Au titre de l’équipement, sans ce poser deux questions principales, ces montants ont servi à quoi au juste et ils proviennent de quel chapitre au juste, la troisième étant politico-juridique, en vertu de quel texte et en exécution de quel décret relatif à la réaffectation des crédits.

Sachant que chaque ministère est attributaire d’une dotation de départ qu’il lui est difficile de céder en cours et surtout au début d’exercice à un autre sans se retrouver lui même en difficulté et émettre des résistances, mais aussi que toute réaffectation fait l’objet d’un décret portant sur le montant en question.

Sachant que les décrets de répartition des budgets ont été signés le 24 janvier 2016 et parus au Journal Officiel N°08 du 16 Février 2016, et qu’aucun décret présidentiel de réaffectation n’a été signé à ce jour en la matière.

Il est donc évident que ces montants ont été prélevés sur les deux dotations qui ne font l’objet d’aucun décret en l’occurrence le chapitre charges communes du Budget de fonctionnement doté de 448 milliards de dinars et le chapitre divers pour le budget d’équipement, ces deux chapitres ainsi que celui des provisions pour dépenses imprévues doté de 239 milliards de dinars, recèlent à eux trois quelque chose comme 1280 milliards de dinars qui échappent intégralement à toute procédure de répartition préalable et ne figurent sur aucun décret d’affectation à ce jour.

Fait unique dans les annales des finances publiques la moitié des recettes ordinaires de l’état et 16% des dépenses Budgétaires ainsi que 40% du déficit prévisionnel, ne font l’objet d’aucune discussion préalable à l’Assemblée populaire nationale, ni d’une affectation précise et détaillé par texte réglementaire à posteriori, mais sans néanmoins régulièrement consommées au titre de tous les Budgets en particulier celui de fonctionnement.

Par contre pour la destination de ces dépendeuses, il est difficile de la localiser avec précision, aucun ministère n’ayant reçu de dotation complémentaire à ce jour, il ne reste que le ministère de la Défense nationale qui semble être exclu de toute répartition officielle des crédits par le président de la République , ainsi que de tout suivi des réaffectations et des exécutions .

Fait unique dans les annales des Etats modernes et même archaïques de la région, ce ministère échappe à tout contrôle populaire au titre du secret défense qui semble être notre privilège unique en la matière parmi tout le genre Humain civilisé.

Le budget de ce ministère qui n’a pas tellement augmenté après la dévaluation du dinar, paraissait dès le départ peu orthodoxe au vu des dépenses en devises qu’il occasionne régulièrement par ses acquisitions en matériels, or ce budget si on le prend en dollars avec la dévaluation intervenue en 2014 et 2016, semble avoir régressé de presque 2 milliards de dollars en pleine expansion des dépenses militaires du pays.

Et il y a de forte chances que des règlements en suspens ou des acquisitions imprévues soient venues changer la donne en matière Budgétaire, sans que personne n’accède au détail.

Ces ajustements en dinars sur les budgets initiaux, ne sont pas sans incidences sur les réserves de change du pays, qui semblent avoir rétréci aussi plus rapidement que prévu, même si aucun chiffre n’a été communiqué sur leur état actuel.

Tout ceci reste à vérifier dans l’absolu, mais la charge d’expliquer ce déficit abyssal pour deux mois, incombe aux gestionnaires de l’argent public et non aux supputations et extrapolations des experts, et autres analystes qui ne sont pas tenus d’apporter la vérité que d’autre cercles doivent à la nation de par la constitution et la simple morale politique.

Ce déficit ne sera pas le même pour les mois à venir, pour la simple raison que ces dépenses semblent avoir un caractère exceptionnel , mais aussi parce qu’à moins de se rattraper sur les mois à venir, il n y pas de fonds disponibles pour compenser ces genre de déficits et que la plupart des ministères s’en tiendront à leur dotation initiale.

Le déficit du Trésor à la fin de l’année devant être maintenu à un niveau proche de celui des prévisions.

Le fond de régulation des recettes

Ce fond fait l’objet de déclarations et de chiffres tout aussi partiels et disparates que difficiles à vérifier avant la fin de l’exercice.

A la date d’aujourd’hui les situations de la DGPP s’arrêtent à un chiffre de solde de 4408 Milliards de dinars au 31/12/2014.

Or il semble avoir été ponctionné de 2886 milliards de dinars au 31/2/2015, avec un surplus de fiscalité pétrolière de l’ordre de 300 milliards de dinars qui y ont été versé au maximum, les versements à octobre étant de 256 milliards de dinars

Entre janvier et février il a été ponctionné de 666 autres milliards de dinars sans aucun versement, De ce fait si on s’en tient aux chiffres récemment communiqués à l’APS, le solde des mouvements est au mieux de 3252 milliards de dinars en prélèvements nets, et celui de ce fond à un maximum de 1156 milliards de dinars, à fin février 2016, ce qui ne lui laisse strictement aucune chance de perdurer jusqu’à la fin de l’année, étant réduit à son strict minimum.

Si le déficit prévisionnel est maintenu en l’état, il est fort probable qu’en plus de la liquidation pure et simple de ce fond, une dette publique équivalent à la différence de soldes globaux, sera une sorte de bonus de fin d’année.

Une dette qu’il faudra bien financer, par autre chose que l’emprunt obligataire, qui n’a pas l’air d’aller dans le sens prévu par ses concepteurs qui ont tendance à prendre leurs désir pour des réalités concrètes, mais par une émission monétaire ou une ponction des liquidités des banques pour des dépenses qui grèveront la production au lieu de la relancer.

aLe problème le plus grave est dans le fait que l’exercice prochain devra être aussi déficitaire que celui là pour faire tourner la machine bureaucratiques qui grève notre avenir, et il n y’aura ni FRR ni liquidités à emprunter dans la société, et là il faudra passer à l’émission et à la dévaluation, ce qui rend caduques les promesses de gains sur les placements actuellement promus comme une panacée par le gouvernement.

Les capacités d’endettement internes et externe à réviser à la baisse

Certains experts suivant les fonctionnaires mal inspirés en charge de la chose économique dans le pays, se surprennent à parler d’endettement externe à éviter comme si c’était un choix proposé par les créanciers éventuels pour suppléer à l’incapacité Locale à gérer même la rente à bon escient et avec un minimum de cohérence.

Ainsi certains présentent l’endettement interne et externe comme des variantes qui peuvent s’annuler l’une l’autre, même le ministre de l’énergie y est allé de ses connaissance en finances pour affirmer que la Sonatrach en empruntant sur le marché interne évitera les marchés externes, ce qui est une contre vérité et une aberration .

Emprunter sur le marché Interne entraînera tout au plus une ponction de l’équivalent sur les réserves de changes et au pire un double endettement, si ces réserves devaient être soutenues en l’état, ainsi les dinars levés localement appelleraient des dollars levés ailleurs pour régler les investissements en majeure partie importés, la Sonatrach se contentant juste de garantir en dinars locaux les dollars qu’elle lèvera ailleurs auprès des banques locales qui serviront de courroie de garantie.

Par contre pour emprunter sur les marchés internationaux, l’équivalent des déficits Budgétaires de 2016 en partie et 2017 en Totalité, va buter sur l’impossibilité de trouver des créanciers assez aventureux pour soutenir un budget tordu et géré selon le fait du prince et les chantages à l’instabilité induite par un sevrage des couches les plus parasitaires de la population.

Il ne faut donc pas compter sur plus de 5 milliards de dollars en emprunts directs de gouvernement à gouvernement, pour combler une infime partie des déficits.

Les seuls emprunts sur lesquels on peut compter sont ceux directs destinés à l’investissement productif, mais garantis par les banques locales qui elles même devront être garanties en terme de solvabilité ce qui sera assez difficile si leurs liquidités sont pompées pour affronter le déficit du trésor comme cela a tout l’air d’être le procédé choisi par le gouvernement.

Conclusion

En résumé la situation est devenue si complexe que les bricolages de salariés sans vision et les combines de prédateurs sans envergure, ne déboucheront dans les faits que sur une accentuation de la catastrophe et une effet d’irréversibilité de la faillite intégrale de tout le système et pas uniquement économique.

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