Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

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Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


De nouvelles wilayas déléguées en 2016 : La véritable décentralisation attendra

Publié par The Algerian Speaker sur 10 Juin 2016, 16:15pm

POURQUOI ?
POURQUOI ?

Après avoir crée, en mai 2015, dix wilayas déléguées au Sud du pays, le gouvernement s'apprête à en créer d'autres sur le couloir des Hauts Plateaux. C'est ce qu'a révélé, jeudi 9 juin devant les membres du Conseil de la nation, le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales Noureddine Bedoui. Ce dernier a indiqué que « le gouvernement n'envisageait pas de renoncer à la finalisation du projet du nouveau découpage administratif », en faisant référence au projet de création de 46 nouvelles wilayas déléguées, présenté par le gouvernement en janvier 2015

Par Amar Naït Messaoud

La création de dix wilayas déléguées au Sud constitue, d’après le ministre, la première étape d’un processus étalé au moins sur deux ans. Il considère que la deuxième étape, qui renvoie à la création de wilayas déléguées -dont on ignore encore le nombre- sur les Hauts Plateaux, sera réalisée au cours de l’année 2016. La région du Nord constitue la troisième étape de ce processus. Elle sera abordée en 2017, d’après le calendrier fixé par le gouvernement.

Pyramide institutionnelle figée et budgétivore

La situation de crise financière que vit l’Algérie depuis deux ans a suscité moult inquiétudes quant à l’avenir du projet de création de nouvelles wilayas, d’autant plus que, en matière d’organisation et de pyramide institutionnelle, le schéma, très budgétivore, demeure le même que celui régissant l’organisation actuelle de l’Etat. Donc, la logique d’un démembrement plus accentué des structures administratives et élues, induira des dépenses supplémentaires, dont les citoyens appréhendent qu’elles ne soient plus à la portée des pouvoirs publics. D’où des rumeurs persistantes sur l’annulation du projet du gouvernement.

Et c’est pourquoi, au lieu d’en décliner le calendrier de réalisation d’une façon sereine, le ministre de l’Intérieur s’est trouvé dans la posture de quelqu’un qui tient à démentir des rumeurs. Il dira à ce propos: « Le gouvernement n’envisage nullement de renoncer à la finalisation du projet ».

Un vieux projet pour une ambition limitée

Noureddine Bedoui s’est voulu rassurant, en soulignant que « les préparatifs de la création de wilaya déléguées dans les Hauts Plateaux avancent », et que « les résultats seront soumis, en temps opportun, au gouvernement et au Conseil des ministres ». Il fera savoir que les propositions seront faites par les « services compétents » et que « tous les critères seront pris en compte dans le cadre d’une étude globale destinée à déterminer les conditions nécessaires pour passer au statut de wilaya déléguée ». Il précisera, à la fin, que « la même méthodologie utilisée pour les wilayas du sud sera adoptée » pour le reste du territoire national.

On sait que le projet d’une nouvelle division administrative du pays, indépendamment des priorités régionales avancées aujourd’hui par le gouvernement, remonte au moins à 2006, lorsque l’ancien ministre de l’Intérieur, Yazid Zehouni, avait révélé l’existence d’une mouture soumise au Président de la République et portant sur la création d’une centaine de wilayas déléguées. Son successeur, Ould Kablia, en a parlé à plusieurs occasions, en faisant savoir que plusieurs variantes ont été présentées au Président.

Ces deux ministres sont partis, sans que le projet d’une nouvelle division administrative ne voie le jour. Une dizaine d’années après les premières informations qui ont circulé sur le sujet, le gouvernement se décida, enfin, à ouvrir ce chantier par le Sud. Ce choix n’est pas fortuit, lorsqu’on considère la sensibilité du sujet dans la région, om des communes sont éloignées des chefs-lieus de wilaya de 400 à 500 km.

L’Etat au service des citoyens, est-ce possible?

Cependant, tel qu’initiée, la nouvelle division administrative n’a pas beaucoup de chances d’entraîner les bienfaits qui sont rattachées à l’éclatement maximal des structures administratives et élues, particulièrement sur le plan de décentralisation du processus de prise de décision et de la démocratie participative. En d’autres termes, on a plutôt affaire à une nouvelle cartographie sans âme des communes, des daïras et des wilayas. Tout ce qui a été dit par la Commission des réformes des structures de l’Etat et de ses missions, installée par le Président Bouteflika en 2000, n’est pas pris en compte. Seize ans après, le diagnostic de la commission, présidée alors par Missoum S’bih, demeure le même, s’il ne s’est pas aggravée: administration fermée sur elle-même, bureaucratie, corruption, grave déficit de formation des agents de l’Etat, centralisation excessive des pouvoirs de décision etc.

Pour ne pas limiter la nouvelle division administrative à la multiplication des mêmes entités -avec leurs limites et leurs insuffisances congénitales-, et dépasser le principe de la simple réduction des distances physiques, il importe de procéder à des réformes profondes au sein de l’administration publique -aussi bien dans les structures centrales que dans les démembrements de l’Etat-, de façon à ce qu’ils soient au service des citoyens et non au service de la promotion de carrières et d’intérêts personnels.

Simples excroissances

En tous cas, on peut qualifier cette multiplication des entités administratives de tout, sauf de processus de décentralisation rationnel et concerté d’autant plus que les wilayas déléguées sont appelées à vivre une période de transition -dont on ignore la durée- pour s’affranchir des wilayas-mères. Une année après la création des premières wilayas déléguées, au nombre de dix, aucun bilan n’est établi pour envisager de dupliquer l’opération telle qu’elle est, ou de corriger certains de ses aspects.

Au vu de la situation sociale ayant régné avant la création des wilayas déléguées et qui continue de régner chez les jeunes des wilayas du Sud -chômage, déficit de formation, maque de loisirs,…- la création de ces nouvelles entités ne semble pas constituer une « panacée » aux problèmes sociaux, économiques et culturels que rencontrent les populations.

Ce sont de simples excroissances ou appendices d’appareils déjà faibles et déliquescents.

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