Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


Les yeux du silence par Achour MIHOUBI

Publié par The Algerian Speaker sur 22 Juin 2016, 18:10pm

Catégories : #DEBATS A BATONS ROMPUS(hiwar bila houdoud)

Les yeux du silence par Achour MIHOUBI

J'ai grandi à Kouba. Mon quartier jouxtait l'ancien séminaire tenu par la mission chrétienne jusqu'à l'orée des années 70 avant qu'il ne devienne le secrétariat d'état à l'hydraulique.

Ma mémoire d'enfant retient des images de ce qu'était en sourdine l'Algérie de l'époque. Celle de Boumediene et de sa sécurité militaire. Un ogre qui était sur toutes les bouches et qui réduisait le plus grand nombre au silence.

C'était ainsi et pas autrement. Comme une fatalité qui s'imposait à tout le monde.

Pas loin de la maison de mes parents, devant deux belles demeures se garaient deux voitures. Dans chaque voiture il y avait deux hommes. Ils étaient là de jour comme de nuit plantant un décor sinistre et immuable, des années durant.

Dans mon enfance l'une des expressions que j'appris précocement est : résidence surveillée. Ces deux maisons me paraissaient du coup comme hantées. Des cloîtres où il ne se passait rien, comme inhabités.

Les noms de leurs pensionnaires résonnaient étrangement dans mes frêles oreilles, ne sachant quoi penser. Prononcer leurs noms était délictuel. C'était grandir un peu dans le brouillage des repères et le déni de l'histoire.

Pour ne citer que ceux-là, parce que ça se passait dans mon quartier, Boumediene assignait à résidence surveillée Ferhat Abbas et Mohammedi Said.

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents