Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

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Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


Moussa Ibn Noussayr et Sheshonq: le mythe et son double par Yassin TEMLALI

Publié par The Algerian Speaker sur 10 Juin 2016, 13:50pm

Catégories : #HISTOIRE (KAN YA MAKAN FI KADIM AZAMANE

Moussa Ibn Noussayr et Sheshonq: le mythe et son double par Yassin TEMLALI

Est-ce qu'on est vraiment obligé d'opposer aux mythes arabistes et islamistes d'autres mythes, comme ce mythe de Sheshonq qui aurait conquis l'Egypte? Les légendes, c'est beau, à condition qu'elles ne remplacent pas l'histoire.

Pas plus que Moussa Ibn Noussayr n'a conquis l'Andalousie "à la tête d'une armée arabe", Sheshonq n'a conquis l'Egypte à la tête d'une "armée libyque". Sheshonq était berbérophone mais c'était surtout un dignitaire égyptien et c'est à ce titre qu'il a pris le pouvoir et non pas en "conquérant" l'Egypte.

Et une fois sur le trône, il a agi comme n'importe quel autre pharaon, et rien ne le distingue fondamentalement de ses prédécesseurs et successeurs, ni au niveau religieux, ni au niveau linguistique.

Il est vrai que cela peut chatouiller l'amour-propre national de savoir qu'un roi berbère a gouverné la vallée du Nil (on se souvient que même un journal arabiste comme Echourouk a découvert les vertus sheshonqiennes en 2009, après cette absurde guerre footballistique égypto-algérienne). Mais à l'époque, il y a des millénaires, il n'était vraiment pas inhabituel qu'un Libyque puisse régner sur l'Egypte.

C'était même un peu banal, pour tout dire. Les Ptolémée, qui ont gouverné ce pays, - et donc la célèbre Cléopâtre aussi - étaient d'origine grecque mais on ne s'en souvient presque pas, tellement c'est peu pertinent pour comprendre l'histoire du monde ancien.


Septime Sévère était aussi un Berbère (de la Tripolitaine), et il a régné sur l'empire romain et cela ne posait de problème à personne et ne suscitait probablement même pas d'étonnement. Sans parler de la proto-libanaise Elyssa Didon, originaire de Tyr, qui a fondé en Numidie un Etat, devenu un Etat autochtone, Carthage.

C'était possible parce que on n'en était pas encore aux Etats-nations, au chauvinisme national et aux débats fumeux sur l'identité nationale. D'ailleurs, Rome a eu aussi un empereur arabe, qui porte bien son nom Philippe l'Arabe, né dans l'actuelle Syrie : et alors, est-on tenté de dire ?

Aucun de ces trois personnages n'a "conquis" quelque trône que ce soit, et c'est leur mérite miliaire et/ou bureaucratique qui leur a permis de devenir des rois et des empereurs. Encore une fois, ne réécrivons pas l'histoire, avec pour modèle inconscient les mythes fondateurs arabistes et, surtout, évitons cet anachronisme qui prête aux Anciens nos idées - nationalistes - d'aujourd'hui.

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