Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

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Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


Développement humain : Les heures incertaines du bien-être social Algérien par Amar Nait Messaoud

Publié par The Algerian Speaker sur 20 Août 2016, 16:33pm

Catégories : #DEBATS A BATONS ROMPUS(hiwar bila houdoud)

Développement humain : Les heures incertaines du bien-être social Algérien par Amar Nait Messaoud

La crise économique qui s'inscrit visiblement dans la durée -malgré le relèvement de quelques dollars dont bénéficie sporadiquement le baril de pétrole, et qu'il perd aussi rapidement qu'il les aura gagnés- ne tardera pas à installer un nouveau paysage social dans le pays qui est en train de s'éloigner de la fausse prospérité qu'il a vécue pendant la décennie 2004-2014. Car, si des infrastructures publiques ont été réalisées -avec les surcoûts et les malfaçons qui ne sont un secret pour personne-, des logements construits, des lycées et des universités édifiés -le tout ayant consommé plus de 600 milliards de dollars-, la structure et la typologie de l'économie algérienne n'ont pas été touchées, bousculées ou réaménagées par les disponibilités financières.

Au contraire, elles ont été renforcées dans leur caractère rentier, laissant en friche toutes les potentialités d’investissement hors hydrocarbures.

Même dans ce domaine, les hydrocarbures, la tendance qui a dominé est celle de l’extraction et de la commercialisation de la matière première brute. L’ironie de l’histoire a même fait que l’industrie de la pétrochimie a subi de tels revers, que l’Algérie a été contrainte d’acheter de l’étranger des produits finis obtenus à partir du pétrole, y compris les carburants. La chute des cours du pétrole sur les marchés mondiaux depuis juillet 2014 a fait confondre, au niveau des sphères décisionnelles, les urgences et les priorités.

Urgences et priorités : le choix cornélien du gouvernement

Le résultat, si l’on continue sur ce rythme et ce manque de visibilité, peut être un fatal surplace. Car, jusqu’à présent, toutes les solutions « testées » sont celles de la pure finance (bancarisation de l’argent de l’informel et emprunt obligataire). L’on ne sait dans combien de temps le nouveau code de l’investissement, adopté par le gouvernement en juillet 2016, pourra installer réellement un climat favorable pour les investissements productifs, afin de chasser l’adverse fortune qui se met au travers de ces derniers, par la faute d’une administration engluée depuis des décennies dans la mentalité rentière et les pratiques bureaucratiques, outre la corruption qui a gangréné presque tous ses segments.

C’est dans ce double mouvement, à savoir la dégradation continue des finances du pays et le cafouillage dans les choix économiques immédiats pour redresser un tant soit peu la situation, que tout ce qui a été supposé comme capital de développement humain -au sens que lui donne le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD)- risque d’être fortement rogné et remis en cause. C’est que la fragilité de cet acquis n’est plus à démontrer. L’actualité de chaque jour la met en évidence, comme elle met en évidence la fragilité de toute l’économie algérienne.

Une prospérité fragile, maintenue par le pétrole

Le développement humain, tel qu’il a été calculé pour les populations algériennes par le PNUD et par le Conseil national économique et social (CNES) a connu une amélioration nette de son classement depuis 2005. Cette amélioration s’est maintenue jusqu’à décembre 2015, du fait que les conséquences de la crise financière, induite par le recul des prix du pétrole, n’avait pas encore fortement agi sur le pouvoir d’achat des ménages. Mais, le mouvement a commencé. L’inflation n’a pas besoin des chiffres officiels de l’ONS pour être constatée et remarquée sur le marché des biens et services. L’accès à des services de santé performants devient de plus en plus problématique. De plus en plus de malades chroniques ne trouvent plus de médicaments dans les pharmacies, parce qu’ils sont importés et que l’importation a durement ressenti le phénomène de la dévaluation du dinar et la procédure de licences d’importation.

Depuis une dizaine d’année, le concept de développement humain -institué par des économistes, des sociologues, des démographes, des spécialistes de l’environnement ect., commence à faire une entrée discrète mais remarquée dans certains organismes et instances administratives de notre pays, après que le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) eût consacré, depuis le début des années 1990, des critères d’appréciation appelés Indices de développement humain (IDH).

Portés souvent sur l’évaluation des agrégats économiques classiques (croissance du PIB, déficit budgétaire, encours de la dette extérieure, taux d’inflation,…), les gestionnaires de l’économie nationale et les autorités politiques du pays sont, aujourd’hui, quelque peu « bousculés » par les nouvelles méthodes d’appréciation du bien-être social à partir des IDH.

La question la plus pertinente posée en la circonstance, est celle de savoir à quoi servirait une performance économique -à fortiori quand est elle est précaire, car soutenue par la seule rente pétrolière- lorsque les populations sont mal nourries, mal logées, mal soignées ou mal éduquées. Visiblement, les statistiques traditionnelles ne sont plus suffisantes pour exprimer de telles préoccupations. Des situations humaines ou sociales se présentent d’une façon si complexe que l’on a du mal à les saisir ou à les cerner avec le moyen du taux de chômage ou du nombre de logements distribués.

Les signes tangibles d’une paupérisation rampante

C’est pourquoi le PNUD a commencé à vulgariser les Indices de développement humain à partir de 1992 et ce, au travers de rapports annules qu’il établit pour l’ensemble des pays du monde.

Ce sont des critères d’évaluation sociale. Les rapports de cette organisation onusienne sont destinés à promouvoir un développement dont les objectifs sont la protection du capital écologique pour les générations futures, la réduction de la pauvreté et des inégalités, l’emploi, la cohésion sociale, la démocratie et la croissance économique pour une amélioration générale des conditions de vie.

En décembre 2015, l’Algérie avait obtenu une note de 0,736 sur 1, sur le plan de l’indice de développement humain (IDH). Ce qui lui a assuré d’être classée 83ème sur 188 pays. Notre pays a, ainsi, gagné 10 points dans son classement par rapport à l’année 2014. Depuis la fin de l’année 2015, les ménages algériens ont subi le triple poids du ralentissement économique (diminution du rythme de création d’emplois, fermeture de plusieurs chantiers d’infrastructures, gel des projets,…), de la dévaluation du dinar (ce qui en renchérit un certain nombre de produits ou de semi-produits importés) et, enfin, des mesures d’austérité introduites par la loi de finances 2016. Sans qu’il y ait d’organisme indépendant pour faire une véritable évaluation, mais le constat du recul drastique du pouvoir d’achat et de la paupérisation de larges franges de la société, demeure une donnée tangible qui trouvera sans doute une place dans les futurs calculs du PNUD, lorsqu’il établira les indices de développement humain pour 2016 et 2017.

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