Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


Evaluation de l’état de l’économie algérienne : A quand des organes nationaux performants et crédibles ? Par Amar Nait Messaoud

Publié par The Algerian Speaker sur 14 Août 2016, 12:38pm

Catégories : #DEBATS A BATONS ROMPUS(hiwar bila houdoud)

Les informations sur l'état de l'économie nationale proviennent presque toutes de bilans établis par des parties étrangères. Photo : DR
Les informations sur l'état de l'économie nationale proviennent presque toutes de bilans établis par des parties étrangères. Photo : DR

Les « Unes » sur l'état de l'économie nationale, données ces derniers jours par les journaux et les sites électroniques, se suivent et…se ressemblent, non seulement par l'air de pessimisme qui y règne, mais surtout par la provenance des informations, toutes issues de rapports et de bilans établis par des parties étrangères, généralement des institutions financières internationales (Banque mondiale, FMI, Cnuced,…).

Les évaluations financières et économiques établies pour l’Algérie sont, ainsi, devenues l’apanage de ces institutions internationales et de quelques autres agences de notation ou d’assurance-risque, à l’image de Ducroire et de la Coface. A ces évaluations, se greffent d’autres classements, tels que Shanghai 500 -qui classe les universités à l’échelle du monde- ou Transparcency international qui mesure le niveau de corruption dans plus de 170 pays dans le monde.

Face à la pauvreté ou à l’inefficacité de moyens ou de systèmes d’évaluation nationaux, les compétences algériennes -professeurs universitaires, bureaux de conseil, consultants indépendants- en sont réduites à s’exprimer à titre de réaction suite aux rapports et expertises établis par des institutions et des bureaux étrangers. Ces réactions sont étalées dans les pages de journaux ou de sites internet, sous forme d’interviews ou de contributions libres. Mais on est visiblement loin d’une évaluation ou d’une expertise étayée, relevant d’un travail d’investigation autonome.

Il fut un temps où, au milieu des années 2000, le président de la République organisait des séances de travail nocturnes avec les différents secteurs d’activité pendant les mois de Ramadhan, pendant lesquelles étaient exposés les bilans de réalisation et les difficultés de gestion des différents départements ministériels.

Mais, on ne peut pas fonder l’évaluation sociale et économique sur de telles réunions, d’autant plus qu’elles ne sont pas le fait de parties indépendantes, mais de gestionnaires eux-mêmes.

Absence du paramètre d’évaluation

Il est vrai que les institutions algériennes chargées de l’exécution des politiques publiques, ainsi que les instances élues, ayant pour mission l’adoption et le contrôle des ces politiques, sont aujourd’hui bien nombreuses. Elles font partie de l’architecture administrative du pays, allant de l’assemblée populaire communale jusqu’aux deux chambres parlementaires, en passant par les assemblées de wilaya, les instances consultatives (conseil économique et social, commission de protection et de promotion des droits de l’homme,…) et les organes d’exécution (ministères, directions de wilaya, communes). Cependant, elles n’ont pas intégré, dans la philosophie de leur gestion, le paramètre de l’évaluation et de la prospective.

D’une façon régulière, la politique économique et sociale du gouvernement donne lieu à des indices, des indicateurs, des chiffres, des signes et des tendances qui se cristallisent dans les données de l’Office national des statistiques (Ons), du Centre national de l’informatique et des statistiques (Cnis), relevant des services des Douanes, de la Banque d’Algérie, de l’Agence nationale du développement de l’investissement (Andi), et qui se voient aussi dans les bilans donnés par les organisations patronales (montants des investissements, montants des crédits, éventuelles exportations, emplois crées). Ce sont aussi les données sur l’état de la société en général (chômage, dispositifs sociaux d’emploi, sécurité sociale, pensions pour handicapés et nécessiteux,…), que l’on peut trouver au niveau du ministère du Travail et de la Sécurité sociale et du ministère de la Solidarité nationale.

Des compétences et des institutions laissées à la marge

Il y a lieu de noter que, pour une analyse complète de la situation, le travail académique n’a pas encore complètement investi le terrain ; certains travaux universitaires n’ont pas pu accéder à une vision globale, avec les nécessaires efforts de synthèse. Les compétences que recèle le Cnes (diversité de profils, capacités d’analyse et de synthèse) sont les plus indiquées pour être exploitées d’une façon optimale. Quant aux parties indépendantes et cercles informels, ils n’arrivent pas encore à se constituer en véritables think tank ou en brain-trust susceptibles d’engager de grandes réflexions et d’apporter à l’intention de l’opinion publique les éclairages décisifs.

Restent les institutions politiques officielles du pays. Le formalisme politique et juridique a apparemment pris le dessus sur l’esprit pragmatique et l’efficience. L’Assemblée nationale et le Conseil de la nation voient leur crédibilité rognée de jour en jour. Ils n’ont pas pu s’imposer par des traitements professionnels des dossiers qui leur sont soumis. Les commissions spécialisées de l’APN, censées être le réceptacle de toutes les réflexions, propositions et contestations des choix de l’exécutif, sont tellement sous l’influence de considérations politiques et partisanes qu’elles répondent rarement au souci d’un traitement objectif de dossiers économiques et sociaux de haute importance.

Besoin d’une assurance à la hauteur des défis de la crise

Cette politique instable des pouvoirs publics dans la gestion des grands dossiers socioéconomiques donne, en réalité, des signes inquiétants sur l’absence d’une véritable guidance économique et sociale. On semble évoluer, jauger, réagir, par à-coups, par intermittence, selon le niveau de pression ou de menace qui s’exprime dans la rue. On gère la rue!

Les citoyens-électeurs ne comprennent pas pourquoi des questions vitales et décisives pour l’avenir ou le futur immédiat du pays désertent les travées de l’APN. Et même si elles sont traitées au détour d’une démonstration de force, purement verbale, elles ne bénéficient pas des éclairages et des études qui poseraient les vraies problématiques. Pendant tout le dernier trimestre 2015, l’on s’est contenté de « préparer » la loi de finances de l’année, en focalisant tout sur les augmentations des taxes des produits énergétiques. En toute apparence, le restant de l’année 2016 sera aussi consacré à la loi de finances 2017, dont on nous « rassure » officieusement qu’elle ne comporterait pas de nouvelles augmentations.

Mais, les Algériens ont besoin d’une assurance plus grande, à la hauteur des défis de la crise actuelle. D’abord, l’assurance d’un bon diagnostic de l’économie nationale, des menaces qui pèsent sur elles et du degré d’efficacité des mesures prises jusqu’ici par le gouvernement. En somme, une évaluation objective, loin des appréciations sporadiques et superficielles, souvent mues par des considérations politiques.

La nature a horreur du vide

A la fin du mois de juillet dernier, l’Office national des statistiques a publié le nouveau taux de chômage, soit 9,9%, arrêté à avril 2016. Le chiffre a surpris tous ceux qui suivent de près ou de loin l’économie algérienne, du fait que ce taux est inférieur à celui de septembre 2015, qui était de 11,2%. L’ONS n’a pris aucun « risque » d’expliquer la diminution du chômage en pleine crise des revenus pétroliers ; c’est-à-dire au moment où le rythme de création d’emploi commence sérieusement à reculer et où des entreprises se résolvent à donner des indemnités de départ à des centaines de travailleurs. Il n’y a que quelques voix, dans certains organes de presse, pour tenter l’explication, qui demeure à vérifier, par l’accroissement du nombre de registres de commerces crées au cours de ces derniers mois.

La nature a horreur du vide. Cette vielle maxime est bien matérialisée par la prise en charge de l’évaluation de l’économie algérienne par des parties étrangères. Certes, cela relève de leurs missions habituelles de diagnostiquer et d’évaluer périodiquement les économies de tous les pays du monde. Mais, de l’autre côté, lorsque l’Algérie n’anticipe pas le travail des tierces parties par un travail d’évaluation qui viendrait des organes consultatifs, des administrations chargées des statistiques, des bureaux d’études, des bureaux d’experts, le tableau dressé par les institutions internationales demeure la seule référence, au milieu d’un vide sidéral.

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