Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


La fin du monde est de retour par Kamel DAOUD

Publié par The Algerian Speaker sur 14 Août 2016, 13:29pm

La fin du monde est de retour par Kamel DAOUD

L’humanité a, dès le début du monde, bien imaginé la fin du monde. Et le nôtre ? Il s’appelle l’après-pétrole. Mythe de la dernière goutte, du jerricane cosmique et tellurique vidé et essoré, vendu et mangé. La fin du pétrole est notre mythe inca de fin du monde : on tremble à chaque éclipse (des coûts) comme eux tremblaient à chaque éclipse du soleil. De même : cela vous fabrique des croyances, des adeptes, des refuzniks, des prêtres harangueurs et annonciateurs de la fin du temps, des fidèles, des rites et des rumeurs et des sacrifices d’humains.

La fin du monde algérien est fossile, pas astronomique. C’est le puits qui prononcera le dernier mot national : Rien, dira-t-il en ouvrant la bouche largement. Alors le gazoduc deviendra relique, puis dessin rupestre vu du ciel, puis serpent sans fin, avalant sa queue en boucle et incarnant l’éternité et sa routine, puis tracé, puis ruine, puis ossement unique d’un animal unique allongé sur le sable qui recueille tous les morts imaginables dans l’infinitésimal.

Donc depuis quelques jours, les cours du pétrole chutent. Et le pays avec eux, vers sa semelle puis vers plus bas. Qu’allons-nous devenir, crient les journaux ? Des experts creusent la tombe, d’autres prédisent seulement une éclipse temporaire, et d’autres disent que le monde est éternel et donc le puits aussi.

C’est des cycles : l’Algérie est une diastole de ses gisements. Systole de ses régimes. Ou l’inverse. Fantasme morbide de la goutte Zéro. Temps suspendu, silence puis l’immense Bigbang de la fin : on se mangera prédit le mythe. On va se dévorer. Naitront alors des monstres bicéphales, des animaux dessinés par des cris de ventre, une comète heurtera nos têtes et on explosera, l’atmosphère deviendra froide et de la glace naitra et avancera puis on se fera des guerres jusqu’à ce qu’il ne reste qu’Adam et Eve, puis seulement Adam, puis seulement un serpent puis seulement un arbre et, en dernier, un tas d’argile et un diable jaloux jouant avec son prénom de feu.

La fin du monde est donc de retour chez nous. Le baril est en dessous des 60 dollars. C’est l’un des mythes tenaces de l’Algérie indépendante. L’autre récit est celui du « Qui est le vrai Pouvoir ? ».

Entre ces deux histoires, il y a la routine et ses milliers de cafés et minarets.

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