Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


Ce roi est un danger pour les enfants du maghreb par Kamel Daoud

Publié par The Algerian Speaker sur 3 Novembre 2013, 17:28pm

Catégories : #la rubrique de Kamel Daoud

kamel daoud-copie-1Le pays s'est réveillé avec du sable dans les yeux. Incompréhension, légère inquiétude, étonnement et incrédulité: le consulat d'Algérie au Maroc a été pris d'assaut par une petite milice, bien «huilée» à la provocation. Le scénario de la provoc est d'ailleurs bien réglé : une association monarchiste anonyme et ténébreuse, et le drapeau algérien visé et arraché à la date du 1er Novembre algérien. Le régime voisin a toujours su pratiquer, où depuis si longtemps la doctrine du mauvais voisinage dissuasive et de la guerre froide par journaux, mais c'est la première fois que l'on va si loin dans la guerre froide justement. Les Algériens n'ont pas compris l'origine de la dispute, les détails compliqués de cette crise, mais ont retenu surtout l'énormité du geste du Makhzen. Personne n'est bien dupe : si ces milices ont agi, c'est sur ordre. Dans un pays policier comme le nôtre ou celui du voisin, on ne bouge pas facilement de sa propre volonté et les Marocains dans leur masse n'iront jamais au sacrilège parce le lien est profond avec nous, ancien, solide. Il s'agit là juste du jeu mauvais d'un roi et de quelques brigades de « services ». C'est gros comme le nez qui manque et on croira difficilement au geste spontané. Les enfants du Maghreb souffrent des mêmes régimes pour se permettre du mercenariat gratuit.

Et c'est ce qui inquiète : les royaumes d'ici et de là-bas peuvent un jour aller à la guerre mauvaise, à la destruction, à la méchanceté pure. Les raisons de se haïr sont sciemment collectionnées et nourries depuis des décennies. Et le voisinage et l'histoire commune semblent si fragiles au côté de ce mur de béton et de sentinelles. Et on a cette impression sale que l'on pousse vers le pire, que ce qui nous sépare est désormais plus profond que la frontière et que les décolonisations ont enfanté des enfants de la haine de soi et du semblable comme dernier vestige de l'état de colonisé malheureux. On a cette impression que cette terre, le pays des enfants à venir, sont constamment menacés par ce mauvais voisinage et que la guerre est toujours tellement possible, tellement là, tellement facile que l'on risque d'y aller par accident et que, en face, le Maghreb est si fragile, si flou que l'on en rêvera encore des siècles avant de le bâtir ou de subir sur dictée des puissances.

Le geste de l'arrachage du drapeau inquiète donc profondément : il ouvre sur un abîme. Il va nourrir les extrémistes des deux camps et provoquer des affects violents. Tout ce dont le Maghreb n'a pas besoin, ni nous, ni les Marocains. Dommage et tellement triste : on tue les enfants à venir et ceux qui se battent pour la liberté et la vie ici et là-bas pour arracher des régimes et pas des drapeaux.

A la fin, ce roi semble être encore plus dangereux par ses lubies et son inconsistance. Il ne mérite pas le Maroc que l'on rêve pour soi et les siens et les voisins.



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