Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


Maudite rente par Réda Bekkat

Publié par The Algerian Speaker sur 12 Décembre 2013, 13:57pm

Catégories : #Editos : let's go

Faut-il considérer le pétrole comme une malédiction plus qu’autre chose ? C’est ce qu’on serait tenté a priori de croire, eu égard à la manière avec laquelle a été utilisée la rente pétrolière chez nous ces deux ou trois dernières décennies. Au moins, pour ne pas dire depuis l’indépendance. Ce sentiment est encore plus présent, plus persistant quand on pense à cet acharnement de nos officiels à recourir à l’exploitation du gaz de schiste. Après le ministre de l’Energie et des Mines, c’est au tour du président de l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures d’annoncer que la «task force», créée en septembre dernier pour cela, a examiné les sites qui seraient susceptibles de faire l’objet d’un appel d’offres qui pourrait être lancé très prochainement.

Une malédiction sans doute quand on fait le bilan économique et social de ces trente dernières années et que l’on constate que durant ce temps-là, le pouvoir n’a pas su et pas pu, y compris avec les nouvelles découvertes en hydrocarbures conventionnels, faire en sorte que l’Algérie renoue avec le développement. Et qu’elle puisse sortir définitivement de la mono-dépendance à l’égard de la rente pétrolière pour ce qui est au moins de la satisfaction des besoins de sa population. Hélas loin s’en faut, c’est tout juste s’il y a moins de dix ans que l’endettement extérieur a été ramené à sa portion congrue depuis le boom qu’il avait connu à partir des années 1980. Faut-il rappeler aux jeunes d’aujourd’hui que dans les années 1970, les dirigeants de l’époque promettaient aux Algériens que l’on allait rattraper le développement de l’Espagne grâce à l’effet d’entraînement qu’auront les industries des hydrocarbures sur les autres secteurs économiques. C’était le «temps béni» des industries «industrialisantes», comme disaient alors les économistes. Que de rendez-vous avec le bien-être, le plein emploi, la santé et des logements pour tous, ratés depuis…

Aujourd’hui, la crainte de revivre la même malédiction avec les hydrocarbures non conventionnels, le gaz et le pétrole de schiste entre autres, est tout aussi présente. On ne peut s’empêcher de penser aux générations futures, si l’on continue à dilapider la rente pétrolière de la manière et au rythme actuels. C’est non seulement l’épuisement à terme du Fonds de régulation des recettes et la crainte de retomber dans le gouffre infernal de l’endettement extérieur. Plus grave encore, le pays risque de redevenir, à plus ou moins longue échéance, importateur d’hydrocarbures, si l’on ne préserve pas ce que l’on doit préserver pour les générations futures.

Mais à bien y réfléchir, le message que veulent peut-être faire passer les dirigeants algériens actuels, à travers cet empressement autour du gaz et du pétrole de schiste, ne serait-il pas de rassurer tout le monde, à savoir que la rente pétrolière n’est pas sur le point de s’épuiser. Et comme disent les Anglais : «Last, but not least», ils pourront continuer à la dilapider de la même manière et surtout à tout acheter, y compris la paix sociale. Mauvaise nouvelle pour tous ceux qui espéraient que la corruption allait bientôt mourir de sa belle mort.

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents